Ce jeudi 21 mai 2026, la Chambre judiciaire de la Cour suprême du Tchad, section pénale, a rejeté le pourvoi en cassation introduit par l’ancien Premier ministre et leader de l’opposition, Succès Masra.
La décision confirme sa condamnation à vingt ans de réclusion criminelle dans le cadre de l’affaire des tueries de Mandakao.
Une affaire judiciaire sous haute tension
Le procès en appel, qui s’était ouvert plus tôt ce mois-ci à N’Djaména, avait déjà été marqué par un climat de haute sécurité. Des éléments de la Garde nomade, de la Gendarmerie nationale et de la Police anti-émeute avaient été mobilisés pour sécuriser les lieux, tandis que l’accès aux journalistes et aux organisations de défense des droits humains était strictement limité.
Lors de l’ouverture de l’audience, l’ancien Premier ministre était absent, suscitant de nombreuses interrogations. Aucune explication officielle n’avait été communiquée par ses avocats ou son entourage.
Rappel des faits
En août 2025, Succès Masra avait été condamné en première instance pour assassinat, complicité, diffusion de messages de haine par voie électronique et association de malfaiteurs, liés aux violences meurtrières survenues à Mandakao. Il est depuis détenu dans les locaux de la Coordination de la Police judiciaire.
Son parti, Les Transformateurs, ainsi que plusieurs organisations de défense des droits humains, avaient dénoncé un procès à caractère politique, et ses avocats avaient réclamé à plusieurs reprises une évacuation sanitaire, évoquant de graves problèmes respiratoires. Ces demandes n’ont pas été prises en compte.
Avec la décision définitive de la Cour suprême, l’opposant tchadien est désormais condamné à 20 ans de prison, ce qui met un terme à son recours judiciaire et marque un tournant majeur dans la scène politique tchadienne.
Aïda Rachel KOUMONDJI (stagiaire)




