Deviens membre !

Nous vous enverrons au moins deux (2) par semaines des nouvelles et opportunités

― PUBLICITE ―

spot_img
AccueilAfriqueGuinée-Bissau : Neuf mois après le putsch, le pays s'apprête à renforcer...

Guinée-Bissau : Neuf mois après le putsch, le pays s’apprête à renforcer les pouvoirs du président

La Guinée-Bissau s’apprête à voter un texte qui redessine tout son système politique. Neuf mois après le coup d’État, les électeurs sont appelés à se prononcer sur une nouvelle Constitution qui donne bien plus de pouvoir au président.

Tout commence le 26 novembre 2025. Ce jour-là, des coups de feu retentissent près du palais présidentiel de Bissau. Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, est arrêté et renversé par l’armée. Le coup d’État survient alors que le pays attend encore les résultats de l’élection présidentielle et des élections législatives, organisées quelques jours plus tôt.

Un référendum décisif le 30 août

Le général Horta N’Tam prend alors la tête d’un Haut commandement militaire, puis d’une transition prévue pour durer un an. Un décret présidentiel convoque désormais les électeurs à un référendum constitutionnel, fixé au 30 août 2026. Les Bissau-guinéens devront répondre par oui ou par non à une question unique, celle de l’entrée en vigueur d’une nouvelle Constitution, déjà adoptée en janvier par le Conseil national de transition.

Ce texte prévoit un changement institutionnel majeur. Le pays passerait d’un régime semi-parlementaire à un régime présidentiel. Jusqu’à présent, le Premier ministre était systématiquement issu de la majorité parlementaire. Ce système avait provoqué des cohabitations difficiles par le passé, notamment après les élections législatives de 2023.

Un président aux pouvoirs élargis

Avec cette réforme, le président de la République obtiendrait notamment le droit de dissoudre l’Assemblée nationale, qui remplacerait l’actuelle Assemblée nationale populaire. Ce nouveau cadre institutionnel doit s’appliquer dès l’élection présidentielle prévue le 6 décembre 2026, censée marquer le retour à l’ordre constitutionnel dans le pays.

Ce projet ne fait toutefois pas l’unanimité. Une partie de l’opposition et de la société civile locale y voit un coup de force institutionnel, taillé sur mesure pour consolider durablement le pouvoir militaire en place. D’anciens observateurs internationaux du scrutin de novembre, comme l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, avaient déjà qualifié le putsch de « cérémonial », tandis que le Premier ministre sénégalais Ousmane Sonko parlait, lui, d’une véritable « combine ».

Lire aussi : Union africaine : la Guinée officiellement réintégrée

La Cédéao sous le feu des critiques

Après le coup d’État, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et l’Union africaine avaient suspendu la Guinée-Bissau de leurs instances. Mais l’attitude de l’organisation ouest-africaine a nettement évolué depuis. D’un désaveu sans équivoque assorti de menaces de sanctions, la Cédéao est aujourd’hui accusée par certains observateurs d’une passivité coupable face à la junte au pouvoir.

Neuf mois après avoir pris le pouvoir par la force, le général Horta N’Tam s’apprête donc à faire valider par les urnes un système institutionnel qui renforcera durablement son autorité, avant même de se présenter, ou non, devant les électeurs en décembre prochain.

Articles simailaires