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CAN : Patrice Motsepe fait volte-face, la compétition revient tous les deux ans !

La Confédération africaine de football fait marche arrière. La Coupe d’Afrique des nations restera bien une compétition qui se joue tous les deux ans.

Un revirement en dix mois

Tout est allé très vite. Le 20 décembre 2025, à Rabat, à la veille du coup d’envoi de la CAN 2025, le président de la CAF, Patrice Motsepe, annonçait un grand changement. La compétition devait se jouer tous les quatre ans à partir de 2028. Pendant des décennies, le rythme avait pourtant été biennal. Depuis 1968, la CAN se tient tous les deux ans, avec seulement un ajustement de calendrier entre 2012 et 2013.

L’annonce avait provoqué des critiques. Elles portaient sur la visibilité des sélections nationales et sur les revenus des fédérations.

Le 9 octobre 2026, lors de la Conférence stratégique de la CAF à Santa Maria, au Cap-Vert, Patrice Motsepe a lâché une phrase qui a fait bouger les lignes. Il a dit que l’instance étudiait toutes les options, y compris un retour à une CAN tous les deux ans. À ce moment, aucune décision n’était prise.

Le jeudi 29 octobre 2026, la décision est tombée. Le Comité exécutif de la CAF a décidé à l’unanimité de rétablir la CAN tous les deux ans. Il abandonne ainsi le cycle de quatre ans, selon un communiqué de l’instance. En dix mois, la CAF aura donc annoncé un changement, puis l’aura annulé.

Lire aussi : CAN 2025 : la CAF sanctionne lourdement Samuel Eto’o

Pourquoi la CAF recule

La CAF donne deux raisons principales.

La première concerne un projet encore flou, la Ligue des nations africaine. Cette compétition panafricaine devait à terme remplacer l’actuelle CAN. Or la CAF reconnaît des incertitudes autour de sa mise en place. Selon son communiqué, cette nouvelle compétition aurait besoin de plusieurs années avant de produire les ressources financières nécessaires au développement du football africain. Sans ce nouveau tournoi, passer à quatre ans aurait pu creuser un vide dans les recettes.

La seconde raison tient aux joueurs. Patrice Motsepe a insisté sur la nécessité de préserver les intérêts des Africains qui évoluent dans des clubs hors du continent. Le sujet est sensible. À chaque CAN, les clubs européens libèrent leurs joueurs, et les débats sur les dates reviennent. Avec un rythme biennal, les joueurs retrouvent plus souvent l’occasion de briller avec leur pays, ce qui compte pour leur carrière et leur valeur sur le marché.

Dans son message, le patron de la CAF assure que cette décision sert les intérêts des 54 associations membres. Il rappelle aussi que la CAN est un grand rendez-vous qui rassemble les peuples africains, la diaspora et le monde entier autour de la diversité des cultures du continent.

Ce qui change, et ce qui reste flou

Pour le moment, une chose est sûre. La prochaine CAN aura lieu en 2027, au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Cette décision ne change rien à ce rendez-vous.

Le reste du calendrier devra être revu. Les éditions suivantes avaient été annoncées pour 2028, 2031 et 2033, dans le cadre du cycle de quatre ans. Avec le retour au rythme biennal, ces dates ne tiennent plus telles quelles. La CAF n’a pas encore détaillé le nouveau calendrier, ni les cycles de qualification. Les pays hôtes des prochaines éditions attendent aussi des précisions.

Le retour au rythme biennal pose aussi des questions très pratiques. Il faut redéfinir les dates, les cycles de qualification et la cohabitation avec les autres compétitions internationales. Sur ces points, aucun détail n’avait filtré lorsque la piste a été évoquée en octobre.

Il y a une autre nuance. Patrice Motsepe a indiqué que la phase finale de la CAN pourrait ne pas se tenir les années de Coupe du monde, comme le veut la tradition de la FIFA. Le prochain Mondial aura lieu en 2030, organisé par l’Espagne, le Maroc et le Portugal. Le rythme de deux ans ne sera donc peut-être pas appliqué sans exception. Une pause les années de Mondial reste possible.

Pour les supporters, la bonne nouvelle est simple. Le rendez-vous continental reste régulier. Pour la CAF, le défi est plus grand. Elle devra expliquer pourquoi elle a changé d’avis en si peu de temps, et rassurer fédérations, sponsors et diffuseurs. Un calendrier clair, annoncé vite, sera sa meilleure réponse.

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