Le gouvernement ghanéen et les syndicats ont signé un accord de deux ans sur les salaires du public. Les agents verront leur rémunération grimper de 9 % en 2027, puis leur salaire de base de 10 % en 2028.
Ce que prévoit l’accord
L’accord a été signé le mercredi 28 octobre 2026. Il a été négocié au sein du Comité mixte permanent de négociation des services publics. Il couvre la période du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2028. Il concerne les travailleurs relevant de la grille salariale unique de la fonction publique, appelée Single Spine Salary Structure.
Pour 2027, la hausse est de 9 % sur la rémunération totale. Ce chiffre cache pourtant deux parts. Huit points vont au salaire de base pour tous les agents. Un point est réservé aux conditions de service. Beaucoup de titres ont retenu le chiffre de 9 % sans cette précision, ce qui peut tromper un lecteur pressé.
Pour 2028, les parties ont convenu d’une hausse de 10 % du salaire de base, valable pour tous. Elle sera calculée sur le salaire de base en vigueur au 31 décembre 2027. Autrement dit, elle s’ajoute à la hausse de 2027 et ne repart pas de zéro.
Un exemple simple aide à comprendre. Un agent qui touche 5 000 cédis de salaire de base par mois passera à 5 400 cédis en janvier 2027 avec les 8 points. En janvier 2028, les 10 % s’appliqueront à 5 400 et non à 5 000. Il gagnera alors 540 cédis de plus, soit 5 940 cédis. Sur deux ans, le salaire de base augmente donc d’environ 19 %. Cet exemple ne tient pas compte des primes, des promotions ni des impôts.
Une précision importante. L’accord ne prévoit pas de hausse supplémentaire pour les derniers mois de 2026.
Un pouvoir d’achat réellement protégé ?
Pour savoir si ces hausses comptent vraiment, il faut regarder les prix. Selon le Service statistique du Ghana, l’inflation était de 5,2 % en septembre 2026. Elle était de 5,0 % en août. Un an plus tôt, en septembre 2025, elle atteignait 9,4 %. Elle était descendue à 3,2 % en mars 2026.
Sur le papier, les agents sont donc gagnants. Une hausse de 9 % de la rémunération totale dépasse nettement une inflation de 5,2 %. Même la part de 8 % sur le salaire de base reste au-dessus. Pour comparaison, une hausse de 9 % avait déjà été accordée pour 2026, en novembre 2025. À l’époque, l’inflation venait de tourner autour de 9 %, avec 9,4 % en septembre 2025. Depuis, les prix ont nettement ralenti, et le gain réel s’annonce plus visible cette fois.
Il y a pourtant une ombre au tableau. L’inflation a augmenté deux mois de suite, et les services restent chers, avec 8,3 % de hausse sur un an. Les loyers et certains produits frais ont pesé sur les derniers chiffres. Si les prix repartent à la hausse d’ici 2028, une partie du gain pourrait fondre.
Enfin, l’accord vise les agents de la fonction publique. Les salariés du privé et les travailleurs du secteur informel ne sont pas directement concernés, même si ce type d’accord sert souvent de repère dans les discussions salariales.

Ce que cela change pour l’État et pour la région
Le premier intérêt de cet accord, c’est sa durée. Deux ans de visibilité permettent à l’État de préparer son budget et aux agents de planifier leurs dépenses. Les deux parties ont d’ailleurs réaffirmé leur volonté de préserver la paix sociale et d’améliorer la productivité dans le service public.
Cette méthode contraste avec ce que l’on voit dans plusieurs pays voisins. Dans la région, les discussions sur les salaires du public se terminent régulièrement par des préavis de grève, surtout dans la santé et l’éducation. Un accord signé tôt, avant le vote du budget, limite ce risque.
La question qui reste ouverte est celle du financement. Une hausse de 9 % puis de 10 % pèsera sur la masse salariale. Le gouvernement devra montrer comment il la finance sans creuser le déficit. Le budget 2027 sera donc regardé de près par les syndicats, mais aussi par les partenaires financiers du pays.
Pour les travailleurs ghanéens, le message est clair. Janvier 2027 apportera un meilleur salaire, et 2028 en apportera un autre. Pour les autres pays de la région, c’est un exemple à suivre de près. Quand l’inflation se calme, la négociation salariale devient plus simple, et un accord de deux ans peut éviter bien des tensions.


