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Cameroun : Gilbert Baongla, le « fils aîné » de Paul Biya, arrêté

Après plusieurs mois de cavale, l’homme qui revendique depuis des années être le fils du président camerounais a été intercepté ce lundi soir dans la région du Littoral. Les circonstances exactes de son interpellation restent toutefois disputées.

Une interpellation sur la route nationale

Georges Gilbert Baongla a été appréhendé dans la soirée du lundi 20 juillet 2026. Il a été arrêté sur la route nationale numéro 3, entre Pouma et Edéa. Selon certaines sources, l’opération a été menée par la compagnie de gendarmerie d’Edéa. Et ce, sous la supervision directe du lieutenant colonel Dieudonné Bialo, chef du Service central des recherches judiciaires.

Toujours selon cette version, Baongla se serait opposé aux forces de l’ordre au moment de son interpellation. Il aurait refusé de remettre ses téléphones portables. Et même allant jusqu’à les jeter au sol en lançant que ces agents n’avaient aucun pouvoir sur lui. Il a finalement été embarqué de force et transféré sous haute sécurité vers les cellules du Secrétariat d’État à la Défense, à Yaoundé.

Deux versions qui s’affrontent

Le Parti Républicain, dont Baongla est le président, livre une version radicalement différente des faits. Selon cette formation politique, son leader aurait été enlevé par des hommes cagoulés au niveau d’Edéa. Il a d’abord été pris en filature par un véhicule banalisé puis intercepté. Le parti affirme que Baongla aurait subi des violences physiques avant d’être emmené de force vers une direction alors inconnue.

Le Parti Républicain se dit préoccupé par cet enlèvement . Il appelle les autorités compétentes à prendre toutes les dispositions nécessaires pour faire la lumière sur cette affaire.

Lire aussi : Cameroun : Brenda Biya , bientôt en prison ?

Une traque entamée depuis plusieurs mois

Cette arrestation met fin à près de trois mois de cavale. Le 23 avril 2026, le lieutenant colonel Bialo avait signé une convocation officielle à l’encontre de Georges Gilbert Baongla . Il le sommait de se présenter le 28 avril au Secrétariat d’État à la Défense. L’intéressé ne s’était pas rendu à cette convocation avant de prendre la fuite, malgré une interdiction de sortie du territoire prononcée à son encontre.

Baongla est visé par des accusations de cybercriminalité et de diffamation. Conformément à la législation camerounaise, il a été placé en garde à vue dans le cadre d’une procédure de flagrant délit, particulièrement contraignante pour la personne mise en cause.

Une filiation contestée depuis des années

Georges Gilbert Baongla se présente depuis plusieurs années comme le fils légitime du président Paul Biya, contestant notamment la filiation de Franck Biya. La Présidence de la République avait pourtant officiellement demandé à Baongla de cesser de revendiquer ce statut. Malgré cette mise au point, il a continué à multiplier les déclarations sur les plateaux de télévision et sur les réseaux sociaux.

Baongla est allé jusqu’à revendiquer le droit d’être nommé à la vice présidence de la République, fonction récemment créée au sein de l’appareil d’État camerounais.

Le silence de la présidence

Jusqu’à présent, le président camerounais ne s’est jamais exprimé publiquement sur les affirmations de Georges Gilbert Baongla. Ce silence est interprété par plusieurs observateurs comme une stratégie délibérée du pouvoir, visant à ne pas accorder de crédit à un homme que des sources proches de la famille présidentielle qualifient de simple comique.

Des questions qui restent en suspens

Cette arrestation relance immédiatement les spéculations sur la suite judiciaire réservée à ce dossier. Elle interroge également sur la capacité de l’appareil sécuritaire camerounais à localiser ses cibles lorsque la volonté politique existe.

Le silence institutionnel qui entoure la vacance du poste de vice président se poursuit pendant ce temps. Pour certains analystes, cette capture pourrait devenir le symbole d’une transition politique qui ne tolère plus aucune voix dissonante à l’approche d’échéances majeures pour le pays.

Vers une clarification attendue

Les prochaines heures et les prochains jours devraient permettre de clarifier les circonstances exactes de cette interpellation. Entre la version des autorités et celle du Parti Républicain, l’écart reste pour l’instant important, et seule une communication officielle plus détaillée pourrait permettre de trancher entre ces deux récits.

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