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Samuel Eto’o lance un appel fort à l’Afrique autour de Gianni Infantino

Alors que le président de la FIFA traverse une période de fortes turbulences, une voix africaine de poids a choisi de monter au créneau pour le défendre. Samuel Eto’o appelle désormais les fédérations du continent à se ranger derrière Gianni Infantino.

Dans un entretien accordé au journal L’Équipe le 2 septembre, le président de la Fédération camerounaise de football a livré une défense argumentée du dirigeant italo-suisse, à quelques mois d’une élection présidentielle décisive à la tête de l’instance mondiale du football.

Un soutien affirmé en pleine tempête

Gianni Infantino traverse actuellement une période délicate. Le président de la FIFA fait face à une contestation grandissante en Europe, après l’abandon, début août, d’un projet controversé baptisé FIFA Forward Enterprise. Ce projet prévoyait la création d’une structure destinée à ouvrir certaines activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés, avant d’être retiré face à l’opposition de plusieurs confédérations, dont l’UEFA.

Face à cette fronde, Samuel Eto’o n’a pas hésité à prendre position. Il estime que ce projet aurait pu représenter une opportunité extraordinaire pour les Africains, en permettant de rééquilibrer le rapport de force dans le football mondial, et d’éviter que les jeunes talents du continent ne finissent systématiquement sous d’autres couleurs nationales.

Lire aussi : Samuel Eto’o sanctionné par la FIFA

L’ancien capitaine des Lions indomptables va plus loin en estimant que la vague de critiques actuelle contre Infantino est en partie liée au calendrier électoral. Une élection à la présidence de la FIFA est en effet prévue le 18 mars 2027, et Gianni Infantino devrait y briguer un nouveau mandat.

Un bilan africain mis en avant

Pour justifier son soutien, Samuel Eto’o met surtout en avant le bilan du dirigeant vis à vis du continent africain. Il rappelle que Gianni Infantino a contribué au développement accéléré des fédérations africaines, notamment à travers le programme FIFA Forward, lancé en 2016.

Selon les chiffres avancés par la FIFA elle même, plus d’un milliard de dollars auraient déjà été investis dans le développement du football africain depuis le lancement de ce programme. L’organisation évoque même un montant pouvant atteindre 1,28 milliard de dollars d’ici la fin du cycle actuel, en 2026.

Le président de la Fecafoot met aussi en avant l’élargissement du format de la Coupe du monde. Avec le passage à 48 équipes pour l’édition 2026, organisée aux États Unis, au Mexique et au Canada, l’Afrique disposera de neuf places qualificatives directes, contre seulement cinq lors de l’édition 2022 au Qatar. Pour Eto’o, cette évolution illustre concrètement les opportunités offertes à des nations qui n’avaient jusque là jamais eu la chance de participer à la plus grande compétition du football mondial.

Un appel à ne pas dépendre d’une seule confédération

Au delà du seul soutien à Gianni Infantino, Samuel Eto’o profite de cette prise de parole pour alerter sur un problème plus structurel, celui du manque criant de moyens financiers des fédérations africaines.

Il évoque des budgets pouvant descendre jusqu’à seulement 150 000 euros pour certaines fédérations du continent, très largement dépendantes des financements publics pour fonctionner. Selon lui, cette faiblesse financière chronique participe directement au départ précoce des jeunes joueurs africains vers l’Europe, faute de structures suffisamment solides pour les retenir et les former sur place.

Samuel Eto’o insiste enfin sur la nécessité, pour la FIFA, de ne pas laisser une seule confédération dicter les grandes orientations du football mondial. Il reconnaît l’importance de l’UEFA dans l’écosystème du football, tout en refusant qu’elle soit considérée comme la seule ou la plus importante des confédérations. Pour lui, les décisions stratégiques de la FIFA doivent être prises collectivement, en tenant compte des 211 fédérations membres, et non des seules priorités des confédérations les plus riches.

Cette sortie médiatique confirme la position déjà connue d’Eto’o, mais elle intervient à un moment stratégique, alors que le vote des fédérations africaines pourrait peser lourd dans la prochaine élection à la présidence de la FIFA, prévue en mars 2027.

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