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Zambie : Un ex-ministre abattu pendant une opération policière, ce que l’on sait

Un ancien membre du gouvernement zambien a perdu la vie lors d’une opération de sécurité menée au lendemain de l’élection présidentielle. L’affaire secoue la classe politique du pays et suscite de vives polémiques sur les circonstances exactes de ce drame.

Que s’est-il passé

Mutotwe Kafwaya, ancien ministre des Transports et député de la circonscription de Lunte, a été tué par balle le 14 août 2026. Les faits se sont déroulés dans le quartier de Kabulonga, à Lusaka, la capitale zambienne, au domicile de Brian Mundubile. Cet homme politique était le principal adversaire du président sortant Hakainde Hichilema lors de l’élection présidentielle organisée trois jours plus tôt.

Selon la police zambienne, il s’agissait d’une opération de sécurité conjointe, menée sur la base de renseignements et impliquant notamment la Commission de lutte contre les stupéfiants. L’intervention a débuté vers 19h30. D’après le communiqué officiel, des coups de feu ont été tirés depuis l’intérieur de la résidence en direction des forces de l’ordre, provoquant un échange de tirs. Mutotwe Kafwaya a été mortellement touché au cours de cet affrontement.

Une identification tardive

La confusion a d’abord régné autour du sort de l’ancien ministre. Ce n’est qu’après la diffusion de messages sur les réseaux sociaux signalant sa disparition que les autorités ont entamé les démarches pour identifier le corps. L’inspecteur général de la police, Graphel Musamba, a indiqué que la famille avait été contactée et avait formellement reconnu la dépouille de Mutotwe Kafwaya.

L’épouse de l’ancien ministre a livré une version des événements sensiblement différente de celle des autorités. Elle affirme qu’une équipe combinée de l’armée et de la police, comprenant des membres d’une unité commando, a fait irruption au domicile et emmené son mari ainsi que Brian Mundubile et d’autres personnes présentes sur les lieux. Selon elle, la famille n’a reçu aucune information sur le lieu de détention de Mutotwe Kafwaya, ni sur les raisons de son arrestation.

Lire aussi : Zambie : Le bilan économique d’Hichilema domine sa campagne présidentielle

Un contexte électoral tendu

Cette opération intervient dans un climat politique particulièrement sensible. L’élection présidentielle du 13 août 2026 a vu le président Hakainde Hichilema distancer nettement son principal rival, Brian Mundubile, qui a recueilli environ 38 % des suffrages selon les résultats partiels publiés le 17 août.

Au total, onze personnes ont été arrêtées lors de cette opération et des perquisitions qui ont suivi. Parmi elles figurent des personnalités politiques de premier plan, dont le porte-parole présidentiel du parti d’opposition NRPUP, George Chisanga, ainsi que Patrick Mwansa, l’époux de Tasila Lungu, fille de l’ancien président Edgar Lungu.

Les autorités évoquent une tentative d’insurrection

Le secrétaire général du gouvernement, Patrick Kangwa, a justifié cette opération en expliquant qu’elle faisait suite à la découverte d’armes militaires de qualité, de munitions et d’autres matériels destinés, selon lui, à des activités d’insurrection armée. Il a précisé que certaines des personnes arrêtées faisaient l’objet d’une surveillance depuis plusieurs mois, en raison de liens suspectés avec des ressortissants étrangers et des camps d’entraînement militaire illégaux.

Selon les autorités, l’opération aurait été déclenchée après la découverte d’une somme de 7,3 millions de kwachas lors d’une précédente intervention menée à Lusaka.

Deux versions qui s’opposent

L’affaire a rapidement pris une tournure politique. D’un côté, le gouvernement évoque une insurrection déjouée de justesse. De l’autre, les proches des personnes arrêtées et une partie de l’opposition dénoncent ce qu’ils considèrent comme une tentative d’élimination orchestrée par l’État contre des figures politiques rivales.

Cette double lecture des événements alimente les tensions dans un pays qui traverse une période politique particulièrement délicate, au lendemain d’un scrutin présidentiel disputé.

Ce qui reste à éclaircir

Plusieurs zones d’ombre subsistent à ce stade. Les circonstances exactes de la mort de Mutotwe Kafwaya, notamment son rôle précis lors de l’intervention policière, n’ont pas été pleinement établies publiquement. Le sort judiciaire des onze personnes arrêtées reste également à préciser, de même que la nature exacte des charges qui pourraient être retenues contre elles.

Les autorités zambiennes n’ont pour l’instant pas annoncé l’ouverture d’une enquête indépendante sur les circonstances de la mort de l’ancien ministre, une demande pourtant formulée par plusieurs voix au sein de l’opposition et de la société civile.

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