Deviens membre !

Nous vous enverrons au moins deux (2) par semaines des nouvelles et opportunités

― PUBLICITE ―

spot_img
AccueilAfriqueMali : Six ans après le coup d'État de 2020 , où...

Mali : Six ans après le coup d’État de 2020 , où en est la transition militaire ?

Le 18 août 2026 marque le sixième anniversaire du coup d’État qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta. Six ans plus tard, le Mali dirigé par le colonel Assimi Goïta n’a plus grand chose à voir avec celui d’IBK. La transition a profondément transformé les alliances régionales et internationales du pays.

Une rupture consommée avec les partenaires occidentaux

Le retrait des forces françaises, achevé en 2022, a marqué le point de départ d’un repositionnement diplomatique majeur. La MINUSMA a elle aussi quitté le territoire malien. Cette double rupture s’est accompagnée d’un renforcement de la coopération militaire avec la Russie, devenue le partenaire stratégique privilégié de Bamako pour la lutte contre les groupes armés.

L’armée malienne a été rééquipée au fil de ces six années. Elle dispose aujourd’hui de moyens aériens, de drones, de blindés et d’unités d’intervention nettement supérieurs à ceux du début de la transition. Une nouvelle Constitution a également été adoptée durant cette période.

La naissance d’un nouveau bloc régional

Le rapprochement avec le Burkina Faso et le Niger, deux pays également dirigés par des juntes militaires, a donné naissance à une nouvelle architecture régionale. Les trois pays ont signé la Charte du Liptako-Gourma le 16 septembre 2023, créant l’Alliance des États du Sahel. Une confédération a ensuite vu le jour le 6 juillet 2024, avant que les trois États ne quittent officiellement la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest le 29 janvier 2025.

Lire aussi : La Russie réitère son soutien total au Mali

Cette nouvelle confédération s’est dotée de plusieurs outils communs. Un passeport partagé a été mis en circulation entre les trois pays. Une force militaire unifiée, annoncée initialement à 5 000 combattants, a été officiellement lancée, même si sa montée en puissance reste progressive. Une Banque confédérale d’investissement et de développement a également été créée, avec un capital annoncé de 500 milliards de francs CFA. Sa pleine opérationnalisation nécessite encore la libération complète de ce capital ainsi que la mise en place de ses équipes.

Un rapprochement affirmé avec le Maroc

Au delà du seul espace sahélien, Bamako a resserré ses liens avec Rabat au cours des derniers mois. Vingt et un accords ont été signés entre les deux pays le 24 juillet 2026. Le Mali s’est également engagé en faveur de l’initiative marocaine destinée à faciliter l’accès des États du Sahel à l’océan Atlantique, une question stratégique pour des pays enclavés comme le Mali, le Burkina Faso et le Niger.

Une sécurité toujours fragile

La sécurité demeure le premier critère d’évaluation du pouvoir né en août 2020. Malgré le renforcement des capacités militaires, les acquis territoriaux ont été sérieusement éprouvés par des attaques coordonnées survenues les 25 et 26 avril 2026. Ces offensives, menées par des groupes armés dans plusieurs localités du pays, ont coûté la vie au ministre de la Défense de l’époque.

Crédit photo : Google

À Kidal, ville reprise par l’armée malienne en novembre 2023, la situation sécuritaire reste également marquée par des combats récurrents. La question du nord du pays continue ainsi de peser sur le bilan sécuritaire de la transition, six ans après le changement de régime.

Des tensions avec certains voisins

Le repositionnement diplomatique de Bamako ne s’est pas fait sans heurts avec l’ensemble des pays voisins. Les relations avec l’Algérie se sont notamment détériorées après qu’un drone malien a été abattu près de la frontière commune. Cet incident a entraîné un rappel d’ambassadeurs et une escalade diplomatique entre les deux pays.

Un pouvoir sans échéance électorale claire

Sur le plan institutionnel, la question du retour à un ordre constitutionnel civil reste entière. Les autorités de transition, qui s’étaient initialement engagées sur une période limitée, sont toujours en place six ans après le premier coup d’État. Aucune échéance électorale précise n’a été fixée à ce jour pour un retour à un pouvoir civil élu.

Cette longévité de la transition illustre la recomposition profonde qu’a connue le Mali depuis 2020, tant sur le plan de ses alliances extérieures que dans l’organisation de son pouvoir intérieur.

Articles simailaires