Les Zambiens se sont rendus aux urnes ce jeudi 13 août pour élire leur président. Près de huit millions sept cent mille électeurs étaient appelés à voter. Le président sortant Hakainde Hichilema, souvent surnommé « HH » par ses compatriotes, brigue un second mandat. Il fait face à quatorze candidats, mais la compétition se joue surtout contre l’opposant Brian Mundubile.
Le parcours d’un homme d’affaires devenu président
Cette élection ressemble à un véritable test pour le bilan économique du chef de l’État sortant. Homme d’affaires aux origines modestes, Hichilema avait remporté la présidentielle de 2021 à sa sixième tentative. Il avait alors chassé du pouvoir son rival Edgar Lungu, qui dirigeait le pays depuis 2015. Ce dernier est décédé en Afrique du Sud il y a environ un an.
La restructuration de la dette, argument central
Le grand argument de campagne du président sortant reste le redressement économique du pays. La Zambie, deuxième producteur de cuivre du continent africain, avait connu de graves difficultés financières ces dernières années. Hichilema a obtenu un accord historique de restructuration de la dette du pays. Cet accord a permis de stabiliser les finances publiques et de redonner un peu de crédibilité à la Zambie sur la scène internationale.
Un bilan salué mais contesté
Plusieurs analystes reconnaissent que son parti, le Parti unifié pour le développement national, a effectivement permis de retrouver une certaine stabilité économique. Le gouvernement met en avant ces résultats tout au long de la campagne. Il insiste sur les progrès réalisés depuis 2021 pour redresser une économie qui était alors en grande difficulté.
La vie chère, cheval de bataille de l’opposition
Mais tout n’est pas aussi simple pour le camp présidentiel. Le coût de la vie reste très élevé pour de nombreux ménages zambiens. L’opposition a fait de cette question son principal argument de campagne. Elle dénonce une inflation qui pèse lourdement sur le quotidien des familles. Brian Mundubile, ancien député du Front patriotique, se présente comme le défenseur des soixante-dix pour cent d’habitants qui vivent avec moins de trois euros par jour.
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Les ressources minières au cœur des débats
La gestion des ressources minières alimente aussi les débats. Le gouvernement a mis en place des mesures incitatives destinées à attirer les investisseurs étrangers dans le secteur minier. Plusieurs économistes critiquent cette approche. Ils estiment qu’elle représente un manque à gagner important pour l’État zambien, qui pourrait tirer davantage de revenus de ses ressources naturelles.
La crise énergétique, un autre front sensible
Les coupures d’électricité ont également marqué le mandat du président sortant. Une sécheresse a durement frappé le système électrique national, très dépendant de l’hydroélectricité. Hichilema explique cette crise par les caprices du climat. Il promet de diversifier la production d’énergie du pays et d’investir dans de nouvelles capacités. Ses opposants rétorquent que le pouvoir a réagi trop lentement face à cette crise. Ils estiment que son coût a surtout été supporté par les ménages et les petites entreprises.

Un électorat en quête de stabilité
Une spécialiste de la Zambie basée en Suède, Patience Mususa, estime que malgré ce scrutin étonnamment compétitif, les électeurs en quête de stabilité pourraient rester fidèles au président sortant. Elle reconnaît toutefois des critiques sur la lenteur des progrès contre les dysfonctionnements de l’État et la corruption. Des inquiétudes existent aussi sur la priorité accordée aux intérêts privés par le gouvernement.
Un test pour la démocratie zambienne
Ce vote teste également la réputation démocratique de la Zambie, qui a connu plusieurs alternances pacifiques depuis le retour au multipartisme en 1991. La campagne a toutefois été marquée par quelques violences et des doutes sur l’impartialité des institutions. La commission électorale doit annoncer les résultats de la présidentielle d’ici le 17 août. Un second tour sera organisé si aucun candidat n’obtient la majorité absolue des suffrages dès le premier tour.


