Le Ghana vient de lancer une nouvelle initiative destinée à renforcer sa production nationale de tomates et à réduire sa dépendance aux importations. Baptisée Ghana Tomato Self-Sufficiency Initiative (GHATSI), elle a été officiellement lancée le 15 septembre 2026 à Anloga, dans la région de la Volta.
Pour sa première phase, couvrant la campagne agricole 2026/2027, le programme vise la production d’environ 100 000 tonnes de tomates sur plus de 10.000 acres, soit environ 4.000 hectares. Le dispositif concerne 35 districts dans 10 régions, selon les informations communiquées après le lancement.
Un objectif à terme de 400.000 tonnes par an
Le gouvernement ghanéen prévoit cependant d’aller plus loin. La phase complète de GHATSI vise une production nationale d’environ 400 000 tonnes de tomates par an, à partir de plus de 40.000 acres.
Le Ghana estime sa demande annuelle à environ 805.000 tonnes, contre une production actuelle évaluée à 510.000 tonnes, laissant un déficit proche de 300 000 tonnes. Les pertes après récolte représentent également un problème important : environ 30 % de la production locale, soit près de 153 000 tonnes, seraient perdues.
L’initiative prévoit notamment des financements pour les producteurs, l’accès aux intrants, l’irrigation, l’assurance agricole, la transformation et la mise en place de marchés garantis.
Le marquant épisode de la suspension des exportations de tomates au Burkina Faso
En mars 2026, les autorités burkinabè avaient suspendu les exportations de tomates fraîches afin notamment de garantir l’approvisionnement des unités nationales de transformation.
Cette mesure n’est toutefois plus en vigueur depuis le 31 mars 2026, permettant la reprise de la délivrance des autorisations spéciales d’exportation. Le Ghana avait alors salué cette décision, qui devait faciliter la reprise des flux de tomates burkinabè vers son marché.
Le communiqué du ministère du Commerce, de l’Agroalimentaire et de l’Industrie a indiqué que la reprise des exportations contribuera à rétablir l’approvisionnement du Ghana en tomates et à soutenir la stabilité des prix. Il établit également un lien entre ce résultat et les échanges bilatéraux en cours entre les deux pays.
Cette séquence a néanmoins illustré la dépendance du marché ghanéen aux approvisionnements régionaux et l’intérêt pour Accra de développer une production nationale plus régulière.
Les chiffres en disent long. En 2024, 12.661,6 tonnes de tomates fraîches ont été déclarées comme exportées du Burkina Faso vers le Ghana, pour une valeur de 22,15 millions de dollars.
Selon Peasant Farmers Association of Ghana, en 2024, plus de 90 % des tomates importées par le Ghana provenaient du Burkina Faso. Elle estime les importations totales de tomates du Ghana à plus de 22,3 millions de dollars cette année-là.
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