La CAF a dévoilé ce mercredi 4 novembre la liste des dix prétendants au titre de Joueur africain de l’année. Le verdict tombera le 7 décembre à Lagos, au Nigeria.
Dix noms, six pays et un tenant du titre
Le suspense peut commencer. Le Maroc et le Sénégal sont les mieux représentés, avec trois joueurs chacun. Côté marocain, on retrouve Achraf Hakimi (Paris Saint-Germain), Brahim Díaz (Real Madrid) et Ismaël Saibari (Bayern Munich). Côté sénégalais, la liste compte Sadio Mané (Al-Nassr), Ismaïla Sarr (Crystal Palace) et Pape Gueye (Villarreal).
Les quatre autres places reviennent à l’Ivoirien Amad Diallo (Manchester United), au Congolais Yoane Wissa (Newcastle), au Ghanéen Antoine Semenyo (Manchester City) et au Sud-Africain Teboho Mokoena (Mamelodi Sundowns).
Hakimi est le tenant du titre. Il avait été sacré en 2025 devant Mohamed Salah et Victor Osimhen. S’il réussit à garder son trophée, il deviendrait le premier joueur à le conserver depuis Salah en 2018. Il serait aussi le premier Marocain à le gagner deux fois. Son profil joue pour lui. Il a terminé 13e du Ballon d’Or de France Football, un bon repère pour mesurer sa saison au niveau mondial. Sadio Mané, lui, a fini 29e du même classement.
Les atouts de chacun
Hakimi part en favori sur le papier. Il évolue dans un grand club européen, il a de la régularité et il porte le Maroc, qui a atteint les quarts de finale de la Coupe du monde 2026. Mais son vote pourrait aussi être partagé avec Brahim Díaz et Ismaël Saibari, ses compatriotes.
Les Sénégalais se trouvent dans la même situation. Sadio Mané reste le nom le plus prestigieux de la liste. Ismaïla Sarr a brillé en Ligue Conférence avec Crystal Palace. Pape Gueye a pesé dans une année très forte pour les Lions. Avec trois candidats, les voix du Sénégal risquent de se disperser, ce qui peut profiter à un autre joueur.
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Parmi les profils plus surprenants, Antoine Semenyo a vécu une saison très prolifique à Bournemouth avant de rejoindre Manchester City. Amad Diallo a été retenu malgré les difficultés de Manchester United. Yoane Wissa, de son côté, a signé 3 buts et 1 passe décisive en 28 apparitions avec Newcastle, un bilan plus discret qui montre que le choix de la CAF ne repose pas seulement sur les statistiques. Teboho Mokoena rappelle enfin qu’un grand joueur peut briller sans quitter le continent.
Cette liste ne fait pas l’unanimité. Plusieurs médias regrettent l’absence de Mohamed Salah, ainsi que celle des jeunes Ibrahim Maza et Yan Diomandé.
Comment lire cette course
Un Ballon d’Or africain ne se gagne pas seulement avec des buts. Il récompense une année entière, avec le club et avec la sélection. C’est pourquoi les noms de Mané ou de Hakimi reviennent si souvent. Leur influence dépasse les chiffres.
Il faut aussi regarder ce que raconte la liste. Cette année, deux nations se partagent six des dix places. Cela traduit la force actuelle des Lions de l’Atlas et des Lions de la Teranga. Mais cela montre aussi que le talent africain se répartit désormais sur de nombreux pays et sur de nombreux championnats, de l’Angleterre à l’Arabie saoudite en passant par l’Afrique du Sud.
Pour le public, c’est une bonne nouvelle. Chaque pays a un joueur à défendre, et chaque supporter a une raison de suivre la cérémonie.

Un contexte brûlant autour de la CAN
Impossible de parler de ce Ballon d’Or sans évoquer la dernière Coupe d’Afrique des nations. Le 18 janvier 2026 à Rabat, le Sénégal avait battu le Maroc 1-0 en prolongation, grâce à un but de Pape Gueye. Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée là. En mars, la CAF a retiré le titre aux Sénégalais. Elle a donné la victoire au Maroc sur tapis vert, sur le score de 3-0, en s’appuyant sur ses règlements après les incidents de la fin de match.
Le Sénégal a porté l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport. Sa décision est attendue vers la fin du mois de novembre, soit quelques jours avant la cérémonie de Lagos. Une telle décision ne change pas les statistiques des joueurs. Mais elle peut changer l’ambiance autour de la course. Elle peut aussi rappeler aux votants quelle équipe a dominé le continent, sur le terrain comme dans les bureaux.
Une chose reste certaine. Entre les performances en club, la CAN et le Mondial, ce Ballon d’Or africain s’annonce plus ouvert qu’il n’en a l’air. Un favori existe, mais il n’est pas à l’abri d’une surprise.
Rendez-vous le 7 décembre pour connaître le nom du lauréat. D’ici là, les débats vont continuer. Et vous, pour qui votez-vous ?


