Au Bénin, l’intelligence artificielle entre désormais dans les écoles primaires. Le gouvernement a lancé une vaste formation destinée à préparer les enseignants à ces nouveaux outils.
Cette initiative fait du Bénin un pionnier dans la sous région ouest africaine, où l’intégration de l’intelligence artificielle dès le primaire reste encore rare.
Une tournée ministérielle dans tout le pays
Le ministre béninois des Enseignements maternel et primaire, Armand Kuyema Natta, a multiplié les déplacements ces dernières semaines pour porter ce projet sur le terrain.
Début août, il s’est rendu dans les départements du Zou et des Collines. Il a été accueilli à Dassa Zoumé par le préfet Saliou Odoubou, puis à Abomey par le préfet Laurent Zomaï. Dans ces deux villes, enseignants, directeurs d’école, chefs de circonscriptions scolaires et conseillers pédagogiques se sont mobilisés pour échanger avec le ministre.
Lors de cette tournée, Armand Kuyema Natta a présenté l’objectif de sa démarche. Il souhaite renforcer les acquis du système éducatif tout en plaçant l’intelligence artificielle au cœur de sa transformation. Son collègue, le ministre conseiller Paulin Gbenou, a de son côté insisté sur l’urgence d’innover grâce à l’intelligence artificielle pour moderniser le travail des enseignants.
Une université de vacances consacrée à l’IA
Le 25 août, le ministre a franchi une nouvelle étape en lançant l’université de vacances 2026 à Natitingou. Cette session s’est tenue au Lycée militaire des jeunes filles Général Mathieu Kérékou.
Lire aussi : le benin decide de commencer par produire du petrole brut
Des professionnels venus des douze départements du pays ont participé à ces ateliers numériques. Le thème choisi pour cette édition donne le ton de la réflexion menée par les autorités éducatives. Il porte sur l’enseignant augmenté par l’intelligence artificielle, vers un nouveau paradigme de facilitation pédagogique.
Concrètement, ces sessions techniques visent à former les cadres pédagogiques à l’usage des algorithmes génératifs et des outils d’apprentissage automatisés. Le but est d’ancrer ces nouvelles pratiques directement dans les salles de classe du premier degré.
Les discussions menées à Natitingou ne se limitent pas aux avantages de ces technologies. Elles abordent aussi les usages, les risques et les limites de l’intelligence artificielle appliquée à la pédagogie, ainsi que les conditions nécessaires pour une appropriation pertinente de ces outils par les enseignants.

Un mouvement plus large porté par la jeunesse
Cette dynamique gouvernementale s’appuie sur un terreau déjà fertile au Bénin. Depuis plusieurs années, l’École d’Été sur l’Intelligence Artificielle, organisée à Godomey par la Fondation Vallet et l’ONG Bénin Excellence, forme des centaines de jeunes venus de tout le continent.
Cette école, considérée comme le plus grand rendez-vous pédagogique d’Afrique de l’Ouest sur l’intelligence artificielle, a par exemple permis de former une trentaine d’enseignants dans le cadre d’un projet d’appui à la promotion de l’intelligence artificielle en milieu scolaire.
Le Bénin s’inscrit ainsi dans une tendance déjà amorcée par d’autres pays de la région, comme le Sénégal ou la Côte d’Ivoire, qui ont commencé à intégrer le numérique dans leurs écoles primaires depuis plusieurs années. Mais en poussant cette intégration jusqu’à l’intelligence artificielle dès le primaire, le pays se positionne comme précurseur sur le continent.
Pour les autorités béninoises, l’enjeu dépasse la simple modernisation des salles de classe. Il s’agit de préparer, dès le plus jeune âge, une génération capable de comprendre et de maîtriser les outils numériques qui façonnent déjà le monde du travail de demain.


