Le nom de Franck Emmanuel Biya revient avec insistance dans les discussions sur la vice-présidence du Cameroun.
Mais au 3 novembre 2026, les informations consultées ne permettent pas de confirmer sa nomination : le faux décret diffusé au printemps ne constitue pas une décision officielle.
Une nomination évoquée, mais toujours pas confirmée
Franck Biya est-il devenu vice-président du Cameroun ? À ce stade, aucun acte officiel identifié dans les informations consultées ne permet de l’affirmer. Le fils aîné du président Paul Biya figure parmi les personnalités régulièrement citées pour cette fonction, mais une hypothèse politique ne vaut pas nomination.
La confusion vient notamment d’un document diffusé sur les réseaux sociaux en avril 2026. Présenté comme un décret présidentiel, il annonçait la désignation de Franck Emmanuel Biya comme vice-président et chef des armées.
Ce document a été identifié comme un faux par plusieurs organismes de vérification. Les vérifications avaient notamment relevé des incohérences dans sa présentation, sa datation et les éléments censés l’authentifier. Les autorités consulaires camerounaises interrogées avaient également démenti l’annonce.
Cette vérification concernait précisément la prétendue nomination d’avril. Elle ne permet pas de prévoir les décisions futures du chef de l’État. En revanche, elle interdit de présenter le document falsifié comme la preuve d’une nomination effective.
Dans un article publié le 23 octobre, Al Jazeera indiquait encore qu’aucun vice-président n’avait été annoncé. Les informations plus récentes consultées ne font pas apparaître de nomination officielle de Franck Biya.
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Un poste rétabli par la réforme constitutionnelle
Si la rumeur trouve un écho, c’est parce qu’elle s’appuie sur une évolution institutionnelle réelle. Le Parlement camerounais a adopté, le 4 avril 2026, une révision constitutionnelle réintroduisant la fonction de vice-président, disparue depuis 1972. La réforme a été promulguée le 14 avril.
La Constitution prévoit désormais que le président de la République peut être assisté d’un vice-président. Celui-ci est nommé par le chef de l’État, qui fixe ses attributions. Il ne s’agit donc pas d’une personnalité élue sur un même bulletin que le président.
La portée de cette fonction est particulièrement importante en matière de succession. En cas de décès, de démission ou d’empêchement définitif du président, constaté par le Conseil constitutionnel, le vice-président achève le mandat présidentiel en cours.
Le texte prévoit aussi une solution si la vice-présidence n’est pas pourvue ou si son titulaire est lui-même empêché. Dans cette situation, le président du Sénat assure l’intérim, tandis qu’une élection présidentielle doit être organisée dans les délais constitutionnels.

Il faut donc distinguer deux faits : la fonction existe bien dans la Constitution, mais son existence ne signifie pas qu’elle a déjà été attribuée à Franck Biya.
Pourquoi le nom du fils du président revient régulièrement
Homme d’affaires longtemps resté en retrait de la vie politique officielle, Franck Biya bénéficie de soutiens qui défendent depuis plusieurs années son accession à des responsabilités nationales. Ces partisans, souvent désignés comme les « Franckistes », contribuent à maintenir son nom dans le débat public.
Sa filiation explique également l’attention portée à son éventuelle nomination. La possibilité qu’un fils de président occupe une fonction déterminante dans l’ordre de succession nourrit les interrogations sur une transmission familiale du pouvoir.
Franck Biya n’est cependant pas le seul nom évoqué. Le secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, et d’autres hauts responsables figurent également parmi les personnalités citées dans la presse. Ces scénarios ne constituent ni une liste officielle de candidats ni l’annonce d’une décision arrêtée.
Les rencontres privées, les réseaux de soutien et les commentaires sur les intentions du pouvoir ne remplacent pas un acte de nomination. Ils peuvent éclairer les rapports de force, mais ne suffisent pas à établir qu’une fonction publique a été attribuée.


