L’ancien ministre burkinabè de l’Éducation nationale, Lionel Bilgo, et son coprévenu Vincent de Paul Kaboré sont de nouveau en détention.
Selon une information publiée le 2 novembre par l’Agence d’information du Burkina, leur retour en prison est intervenu le 19 octobre, quelques jours après l’obtention d’une liberté provisoire.
Une liberté provisoire accordée le 14 octobre
Lionel Bilgo avait obtenu une liberté provisoire le mercredi 14 octobre 2026, après plusieurs demandes infructueuses de ses avocats. La décision concernait également Vincent de Paul Kaboré, poursuivi avec lui dans une affaire liée aux activités de la société immobilière SITRAF.
La remise en liberté était assortie d’une caution de vingt millions de francs CFA pour chacun des deux prévenus. Elle intervenait après leur placement sous mandat de dépôt, le 28 août, à la Maison d’arrêt et de correction de Bobo-Dioulasso.
Cette décision ne mettait pas fin aux poursuites. Une liberté provisoire permet à une personne de rester hors de prison pendant la procédure, sous certaines conditions ; elle ne constitue ni un acquittement ni un abandon des accusations.
L’évolution rapportée début novembre montre toutefois que cette mesure n’a pas permis aux deux hommes de rester durablement en liberté. Ils ont été reconduits en détention le 19 octobre, soit cinq jours après la décision favorable.
Lire aussi : Terrains illégaux à Bobo-Dioulasso : L’ex-ministre Lionel Bilgo écroué
Un retour en détention qui ne constitue pas une condamnation
Dans sa dépêche du 2 novembre, l’Agence d’information du Burkina rapporte que le ministère public s’est prononcé pour le maintien en détention de Lionel Bilgo et de son coprévenu. Le tribunal a suivi cette position et les a renvoyés derrière les barreaux.
Il importe de distinguer cette décision de la question de leur culpabilité. Les informations disponibles font état d’un retour en détention, et non d’une condamnation définitive dans le dossier foncier.
Les deux hommes sont notamment poursuivis pour exercice illégal d’activités de promotion foncière et publicité de promotion immobilière sans autorisation préalable. Une accusation de blanchiment de capitaux a également été ajoutée au dossier, entraînant son transfert devant le pôle économique et financier du Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso.
La défense conteste certains aspects de cette procédure. Elle a notamment demandé que le pôle économique et financier se dessaisisse au profit du tribunal correctionnel. Ce désaccord porte sur la juridiction appelée à examiner l’affaire et ne permet pas, à lui seul, de conclure sur les faits reprochés.

Une prochaine audience annoncée pour le 16 novembre
La prochaine audience est annoncée pour le lundi 16 novembre 2026 devant le Tribunal de grande instance de Bobo-Dioulasso.
Lors de l’audience du 19 octobre, l’examen du dossier avait été reporté en raison de l’indisponibilité du dossier physique, retenu dans le cadre d’un recours devant la Cour d’appel. Les démarches engagées par les avocats concernaient deux questions distinctes : la liberté provisoire, accordée le 14 octobre, et la contestation de la compétence du pôle économique et financier.
Le second recours restait en attente de décision dans les comptes rendus de cette audience. La situation procédurale explique donc une partie des reports intervenus depuis l’ouverture du procès.


