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RDC : Premier essai clinique d’un vaccin expérimental contre Ebola

Alors que l’épidémie d’Ebola continue de progresser dans l’est de la République démocratique du Congo, une avancée scientifique majeure vient d’être annoncée. Le premier essai clinique d’un vaccin expérimental ciblant spécifiquement la souche Bundibugyo du virus a officiellement démarré, avec l’administration d’une première dose à un volontaire.

Une épidémie qui inquiète toujours

La flambée actuelle, qualifiée de dix septième épidémie d’Ebola recensée en RDC, touche déjà cinq provinces de l’est du pays. Selon les autorités sanitaires congolaises, plus de trois mille deux cents cas ont été recensés, pour près de mille cinq cents décès. Le pic des contaminations n’aurait pas encore été atteint, ce qui maintient un climat de forte vigilance chez les équipes médicales déployées sur le terrain, notamment en Ituri, la province la plus durement frappée.

La souche Bundibugyo, responsable de cette épidémie, présente la particularité de ne bénéficier à ce jour d’aucun vaccin ni traitement homologué, contrairement à la souche Zaïre pour laquelle des solutions existent déjà.

Un candidat vaccin mis au point en un temps record

Le vaccin expérimental, baptisé ChAdOx1 BDBV, a été développé par les chercheurs du Groupe Vaccin d’Oxford et de l’Institut des sciences des pandémies de l’université d’Oxford, au Royaume Uni. Il repose sur la même plateforme technologique que celle ayant permis la mise au point du vaccin Oxford AstraZeneca contre la Covid 19, largement utilisé pendant la pandémie mondiale.

Selon David Pulido Gomez, chercheur à l’Institut des sciences des pandémies, l’équipe est parvenue à faire passer ce candidat vaccin du stade de conception aux premiers essais chez l’humain en seulement huit semaines, un délai particulièrement court pour ce type de développement.

Lire aussi : RDC : une nouvelle épidémie d’Ebola confirmée

La première injection a été administrée le 24 juillet à un volontaire en Ituri, moins de trois mois après la déclaration officielle de l’épidémie. L’essai de phase un, qui doit à terme inclure une cinquantaine de volontaires en bonne santé, vise avant tout à évaluer l’innocuité du produit ainsi que la réponse immunitaire qu’il génère chez les personnes vaccinées.

Un soutien international affirmé

Le lancement de cet essai a été salué par l’Organisation mondiale de la santé. Son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus, s’est félicité de cette étape qu’il juge importante pour évaluer la sécurité et les réponses immunitaires générées par ce candidat vaccin. Les données récoltées seront analysées par le Groupe consultatif technique sur les vaccins, rattaché au programme de recherche et développement de l’OMS dédié aux urgences sanitaires.

L’essai bénéficie également du soutien de la Coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies, ainsi que d’un accueil favorable des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies. Selon les informations disponibles, environ six cent vingt mille doses auraient déjà été produites et stockées, en anticipation d’un éventuel déploiement à plus grande échelle.

Des résultats encore attendus

Malgré cet élan scientifique encourageant, la prudence reste de mise. Les chercheurs devront patienter avant de pouvoir tirer des conclusions solides sur l’efficacité du vaccin, et les autorisations des agences sanitaires compétentes seront indispensables avant d’envisager toute utilisation à grande échelle sur les populations exposées.

Par ailleurs, des chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale ainsi que de l’université de Bordeaux, en France, ont publié de premiers résultats concernant l’immunité des personnes déjà vaccinées contre la souche Zaïre. Ces travaux suggèrent que ces personnes auraient développé des anticorps également actifs contre la souche Bundibugyo, ce qui pourrait corroborer l’hypothèse d’une immunité partielle croisée entre les deux souches du virus.

Pour les populations de l’Ituri et des autres zones à risque, un vaccin efficace représenterait une avancée concrète face à une maladie qui reste, à ce jour, l’une des plus meurtrières du continent. En attendant les résultats de cet essai, les autorités sanitaires congolaises continuent de miser sur la surveillance épidémiologique et la sensibilisation des populations pour limiter la propagation du virus.

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