Une nouvelle alerte concernant l’état de santé de Kizza Besigye secoue l’Ouganda. Mercredi, la figure historique de l’opposition ougandaise s’est effondrée en pleine audience devant la Haute Cour de Kampala, où il comparaissait dans le cadre de son procès pour trahison. La scène, saisissante, a immédiatement provoqué la suspension des débats.
Un effondrement en pleine séance
Selon plusieurs témoins présents dans la salle, Kizza Besigye aurait crié à plusieurs reprises « Stop ! » avant de perdre l’équilibre et de basculer en arrière dans le box des accusés. Des agents pénitentiaires sont intervenus dans l’urgence pour lui porter assistance. Deux ambulances ont ensuite été dépêchées sur place afin de l’évacuer vers un établissement de santé.
Âgé d’environ soixante dix ans, l’opposant est détenu depuis novembre 2024, après avoir disparu à Nairobi, au Kenya, dans des circonstances qui avaient déjà suscité une vive indignation à l’époque. Réapparu quelques jours plus tard devant un tribunal militaire ougandais, il fait depuis l’objet de poursuites pour haute trahison, une accusation passible de la peine de mort en Ouganda et qu’il rejette catégoriquement.
Une inquiétude grandissante autour de sa santé
Il s’agit de la troisième hospitalisation de Kizza Besigye en quelques mois, ce qui alimente les inquiétudes sur les conditions réelles de sa détention. Son épouse, Winnie Byanyima, par ailleurs directrice exécutive de l’ONUSIDA, affirme que l’état de santé de son mari se détériore rapidement. Elle réclame qu’il soit enfin autorisé à consulter un médecin de son choix, indépendant du système pénitentiaire.
Le People’s Front for Freedom, le parti fondé par l’opposant, a qualifié la situation de « critique » dans un communiqué. La formation politique déplore qu’aucun médecin de la prison n’ait été présent au tribunal au moment du malaise, et regrette que Besigye n’ait toujours pas obtenu l’autorisation de consulter un praticien de confiance.
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De leur côté, les autorités ougandaises maintiennent que l’opposant bénéficie d’un suivi médical approprié et assurent que la procédure judiciaire se déroule dans le respect des règles en vigueur.
Une figure de résistance au pouvoir depuis vingt cinq ans
Ancien médecin personnel du président Yoweri Museveni, Kizza Besigye a rejoint l’opposition il y a plus de deux décennies. Depuis, il reste l’une des cibles privilégiées d’un pouvoir en place depuis plus de quarante ans. Quatre fois candidat à l’élection présidentielle, il incarne pour une partie de la population ougandaise l’espoir d’une alternance politique toujours reportée.
Son parcours judiciaire récent illustre les tensions persistantes autour de son dossier. Après une grève de la faim entamée pour protester contre le maintien de son procès devant un tribunal militaire, il avait finalement obtenu, à la suite d’une décision de la Cour suprême, d’être jugé devant une juridiction civile. Un changement salué par ses soutiens, sans pour autant dissiper leur pessimisme quant à l’issue de la procédure.
Un dossier suivi de près à l’international
L’affaire dépasse aujourd’hui les frontières ougandaises. Des voix se sont déjà élevées au Kenya, où des manifestations et des pétitions ont été organisées pour réclamer sa libération, ainsi que dénoncer plus largement les enlèvements transfrontaliers visant des opposants politiques. Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, suivent également de près l’évolution de son état de santé et les conditions de sa détention.
Ce nouvel épisode relance le débat sur l’équilibre entre stabilité politique et respect des libertés fondamentales en Ouganda. Alors que le pays s’apprête à affronter de nouvelles échéances politiques, l’avenir judiciaire de Kizza Besigye pourrait peser durablement sur les dynamiques d’opposition dans les années à venir. Pour l’heure, aucune communication officielle n’a été faite sur son état de santé actuel, laissant planer l’incertitude sur la suite de son procès.


