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France Gabon : Le manganèse au cœur de l’un des trois nouveaux accords signés

La visite d’État du président gabonais à Paris a permis de concrétiser un dossier stratégique. La transformation locale du manganèse s’impose désormais comme un axe central de la relation entre les deux pays.

Une visite placée sous le signe de l’industrie

Le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema effectue une visite d’État à Paris du 19 au 22 juillet 2026. Ce lundi 20 juillet, premier jour fort de son séjour, il s’est longuement entretenu avec son homologue français Emmanuel Macron. Une importante délégation de ministres, de chefs d’entreprise et de journalistes l’accompagne dans ce déplacement.

Ces échanges ont permis d’assurer le suivi des accords conclus à Libreville en novembre 2025, lors de la visite d’Emmanuel Macron au Gabon. Une série de nouveaux protocoles devait également être signée à cette occasion, dont un premier accord consacré au manganèse.

Un protocole structurant avec Eramet

Le groupe minier français Eramet et sa filiale gabonaise Eramet Comilog ont signé ce lundi un protocole d’accord avec le gouvernement gabonais, en présence des deux chefs d’État. Ce texte définit une feuille de route commune pour développer des solutions industrielles rentables destinées à la transformation locale du minerai.

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Selon les termes de cet accord, le groupe s’engage à transformer jusqu’à 700 000 tonnes de manganèse d’ici 2031. En contrepartie, le Gabon s’engage à fournir les conditions nécessaires à la viabilité économique des projets, en particulier l’accès à l’énergie.

Trois scénarios à l’étude

La mise en œuvre concrète de cet accord reste encore à préciser. Trois scénarios sont actuellement envisagés. Le premier prévoit la construction d’une usine de production d’oxyde de manganèse à Libreville d’ici 2028. Le deuxième porte sur la modernisation du complexe métallurgique de Moanda, seul site de transformation du minerai actuellement en activité au Gabon et en Afrique centrale. Le troisième scénario, le plus ambitieux, prévoit la construction d’un nouveau complexe industriel.

Christian Magni, directeur général de la Société d’exploitation du Transgabonais, a qualifié cette signature d’étape décisive pour le Gabon.

Une échéance qui pousse à l’action

Ce protocole répond directement à une décision stratégique annoncée par Libreville en février 2026. Le Gabon a officialisé la fin de l’exportation de son minerai brut de manganèse à compter du 1er janvier 2029. Le pays entend transformer une richesse minière en puissance industrielle durable.

Le Gabon figure parmi les tout premiers producteurs mondiaux de manganèse, avec près de 10 millions de tonnes produites en 2024. Pourtant, 98 pour cent de cette production est encore exportée à l’état brut, limitant fortement les retombées économiques pour le pays.

Un enjeu aussi européen

Pour la France et pour l’Europe, ce protocole représente également un point d’appui stratégique. Le manganèse entre dans la composition des batteries de type NMC, associant nickel, manganèse et cobalt, où il contribue à la stabilité de la structure et à la sécurité thermique des cellules.

Dans une chaîne de valeur des batteries encore largement dominée par la Chine, ce partenariat permet à la France de diversifier ses sources d’approvisionnement, tout en s’appuyant sur un partenariat présenté comme équilibré, créateur de valeur dans le pays producteur.

Une filière biocharbon déjà lancée

Au delà du manganèse, le protocole prévoit également le développement d’une filière de biocharbon, en partenariat avec la société Precious Woods. Un four pilote a déjà été installé à Lastourville. Une unité de production de dix mille tonnes de biocharbon par an est à l’étude, avec un horizon fixé à 2029.

Un fonds pour diversifier l’économie locale

Dans le cadre de ce protocole, Eramet et Eramet Comilog lanceront également un fonds d’amorçage industriel baptisé Fabriqué au Gabon. Son objectif est de favoriser le développement de l’activité et de l’emploi dans d’autres secteurs de l’économie gabonaise, au delà de la seule filière minière.

La présidente directrice générale d’Eramet, Christel Bories, a salué une feuille de route ambitieuse, co construite avec les autorités gabonaises et reposant sur des études techniques sérieuses.

Une étape parmi d’autres

Ce protocole sur le manganèse ne constitue qu’un des trois accords signés lors de cette visite d’État. Il illustre néanmoins la volonté commune affichée par Paris et Libreville de transformer une relation historique en partenariat industriel concret, avec des retombées économiques mesurables pour le Gabon dans les années à venir.

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