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Sénégal : le bilan s’alourdit après les fortes pluies

Des pluies torrentielles se sont abattues sur Dakar et plusieurs régions du Sénégal ce week-end. Le bilan, encore provisoire, compte au moins cinq morts, et le gouvernement s’est réuni en urgence ce lundi.

Un week-end de pluies exceptionnelles

Depuis près de 48 heures, de fortes précipitations touchent le pays. Certains postes de mesure ont enregistré plus de 100 millimètres de pluie. La presse locale évoque même jusqu’à 142 millimètres en 24 heures, dimanche 4 octobre.

Pour se faire une idée, un millimètre de pluie correspond à un litre d’eau sur un mètre carré. Cent millimètres, c’est donc cent litres sur chaque mètre carré en quelques heures. Aucun réseau d’évacuation n’est conçu pour absorber une telle quantité d’un seul coup.

Les services météorologiques avaient pourtant prévenu. L’Agence nationale de l’aviation civile et de la météorologie (ANACIM) avait annoncé une fin de saison des pluies tardive, avec des risques de fortes pluies au-delà des dates habituelles. Dakar était placée en vigilance jaune.

Un bilan humain provisoire

Il n’existe pas encore de décompte national officiel. Le ministère de l’Intérieur a indiqué dans la nuit de dimanche à lundi qu’il y avait des morts et des blessés, notamment à Dakar et à Matam, sans donner de chiffre détaillé.

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Selon L’Observateur, les pluies ont fait au moins cinq morts. Le site Seneweb en recense sept entre Dakar, Kaolack, Matam et Touba. Cette différence montre que les recensements se poursuivent, et que certains décès restent à confirmer.

  • Voici ce que rapportent les médias locaux.

À Dakar, une jeune mère de 25 ans et son fils de 4 ans sont morts aux Parcelles Assainies, dans le quartier de l’Unité 7, au milieu d’une forte montée des eaux. Le ministre de l’Hydraulique, Cheikh Tidiane Dièye, a confirmé que l’eau était entrée dans leur maison. Selon d’autres sources, un mur fragilisé par l’eau se serait aussi effondré.

À Bambey, la foudre a tué deux enfants de 6 et 8 ans. À Matam, dans le quartier de Gourel Serigne, l’effondrement d’une dalle a fait un mort et deux blessés. À Kaolack, un bâtiment s’est effondré et les circonstances restent à éclaircir. À Yarakh, trois personnes seraient mortes dans la nuit après l’affaissement d’une dalle, d’après L’Observateur.

Il faut donc noter que toutes ces victimes ne sont pas mortes de la même manière. Certaines se sont noyées, d’autres ont été frappées par la foudre ou écrasées par des constructions affaiblies. Les trois causes se rejoignent dans les mêmes pluies.

La réponse des autorités, et les leçons du passé

Le président Bassirou Diomaye Faye a exprimé sa « profonde tristesse » et présenté ses condoléances aux familles. Le Premier ministre, Ahmadou Al Aminou Lo, a convoqué une réunion d’urgence ce lundi 5 octobre à 9 heures, à la Primature. Elle doit faire le point sur les dégâts et coordonner les secours.

Trois ministres devaient aussi se rendre sur le terrain ce lundi après-midi. Le ministre de l’Intérieur a demandé aux sapeurs-pompiers et à l’administration territoriale de renforcer leur mobilisation. Gouverneurs, préfets et sous-préfets coordonnent les secours et l’aide aux sinistrés. De son côté, le ministre de l’Hydraulique a promis un renforcement de la prévention.

Sur le terrain, la vie quotidienne est fortement perturbée. Des inondations ont touché plusieurs quartiers, la circulation est difficile par endroits et les dégâts matériels sont importants. Plusieurs zones restent difficiles d’accès. Les services de secours surveillent en priorité les secteurs les plus vulnérables, là où l’eau met le plus de temps à se retirer.

Pour beaucoup de Sénégalais, la scène n’a rien de nouveau. En septembre 2024, de fortes pluies avaient déjà inondé près de 4 900 maisons dans le pays. À Touba, 140,1 millimètres d’eau étaient tombés, et trois personnes étaient mortes dans l’effondrement de bâtiments.

Pourquoi Dakar souffre-t-elle autant ? Une grande partie de ses banlieues est bâtie en zone basse, parfois sur d’anciennes zones humides. Quand le sol est saturé et que les canaux sont saturés eux aussi, l’eau ne trouve plus où aller. Elle s’installe dans les rues et entre dans les habitations.

Les autorités invitent la population à la plus grande vigilance. Elles recommandent d’éviter les routes inondées et les bâtiments fragilisés par l’eau. Pendant un orage, il vaut mieux aussi s’abriter dans un lieu fermé, loin des arbres isolés.

Les prochains jours diront si le bilan continue de s’alourdir. Mais une question reste posée, celle de l’avenir. Chaque saison des pluies rappelle que la prévention coûte moins cher que les drames. Le pays attend maintenant de voir si la réunion de ce lundi débouchera sur des mesures concrètes pour les quartiers les plus exposés.

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