La tension monte d’un cran entre les deux têtes de l’exécutif sénégalais.
Le camp du président Bassirou Diomaye Faye a répliqué avec fermeté après une nouvelle sortie musclée d’Ousmane Sonko, prononcée dimanche 12 juillet à Touba.
La coalition présidentielle a dénoncé des propos qu’elle juge scandaleux, qualifiant certaines attaques de crypto personnelles et estimant qu’elles n’honorent pas la fonction de président de l’Assemblée nationale occupée par Ousmane Sonko.
Une charge frontale à Touba
L’occasion était l’inauguration du nouveau siège du Pastef dans la ville sainte. Devant ses militants, Ousmane Sonko a haussé le ton contre son ancien allié.
Il a accusé le chef de l’État de faire passer ses ambitions politiques personnelles avant l’intérêt des Sénégalais, citant notamment une dette publique qu’il a qualifiée de quasi impayable et l’absence, selon lui, d’un programme conclu avec le Fonds monétaire international.
Le leader du Pastef est allé plus loin en qualifiant le président de la République de « président marionnette », le décrivant comme quelqu’un qui se laisse facilement manipuler par son entourage comme par l’opposition.
Il a également averti que les Sénégalais ne constituent, selon lui, nullement la priorité actuelle de Bassirou Diomaye Faye.
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Ousmane Sonko a aussi accusé le chef de l’État de faire pression sur de hauts fonctionnaires et de convoquer certains responsables d’institutions au palais pour les intimider.
Il a par ailleurs menacé de faire tomber le gouvernement, en s’appuyant sur la majorité parlementaire de son camp, autant de fois qu’il le jugera nécessaire.
Des tensions anciennes, ravivées
La rupture entre les deux hommes ne date pas d’hier. Elle s’est nettement aggravée depuis le limogeage d’Ousmane Sonko du poste de Premier ministre, fin mai. Le président de l’Assemblée nationale a depuis révélé l’existence d’un accord conclu autrefois entre les deux hommes, selon lequel Bassirou Diomaye Faye se serait engagé à ne pas se présenter à la prochaine élection présidentielle.
La découverte d’une dette publique cachée, évaluée à plusieurs milliards de dollars, a encore envenimé un climat déjà marqué par la méfiance.

La présidence hausse le ton à son tour
Face à cette offensive, la coalition présidentielle n’a pas tardé à réagir. Elle a exprimé son indignation, jugeant les attaques du président de l’Assemblée nationale déplacées au regard de la fonction qu’il occupe.
Les proches du chef de l’État rappellent que la stabilité institutionnelle du pays repose sur un minimum de retenue entre les figures de l’exécutif et du pouvoir législatif, et estiment que la multiplication de ces sorties publiques nuit à l’image du Sénégal.
Un climat politique sous tension
Cet affrontement public entre les deux anciens compagnons de l’alternance de 2024 intervient dans un contexte social et économique déjà fragile pour le pays.
Les Sénégalais assistent, souvent avec inquiétude, à l’exposition de ces divergences au sommet de l’État, alors même que plusieurs chantiers économiques et sociaux restent en suspens.
Reste à savoir si cette querelle ouverte débouchera sur une rupture institutionnelle plus profonde entre la présidence et le perchoir de l’Assemblée nationale, ou si elle finira par se résorber au fil des prochaines semaines.
Pour l’instant, aucun geste d’apaisement n’a été annoncé par l’une ou l’autre des parties, et les partisans des deux camps continuent de s’affronter, notamment sur les réseaux sociaux, autour de cette crise qui occupe désormais le devant de la scène politique sénégalaise.


