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Présidentielle contestée en Zambie : Le leader de l’opposition arrêté

La Zambie traverse une période de tension politique. Le chef de l’opposition, Brian Mundubile, a été placé en garde à vue quelques jours après une élection présidentielle très disputée.

Ce scrutin s’est tenu le 13 août dernier. Il a vu la victoire du président sortant, Hakainde Hichilema, pour un second mandat.

Une convocation qui tourne à l’arrestation

Tout commence par une convocation de la police zambienne. Elle vise Brian Mundubile, arrivé deuxième à la présidentielle, ainsi que sa colistière Makebi Zulu.

Selon un communiqué des autorités, une équipe conjointe mène depuis plusieurs années des enquêtes sur de graves menaces contre la sécurité nationale. La police affirme que des activités jugées alarmantes ont eu lieu dans des locaux liés au duo. Le communiqué ne donne toutefois aucun détail précis sur la nature exacte de ces menaces.

Brian Mundubile et Makebi Zulu ont rejeté ces accusations. Ils affirment que leur alliance politique n’est impliquée dans aucune activité insurrectionnelle ou milicienne. Après avoir été interrogés, Brian Mundubile a finalement été placé en garde à vue.

Lire aussi :Zambie : Le bilan économique d’Hichilema domine sa campagne présidentielle

Un scrutin déjà contesté devant la justice

Cette arrestation intervient dans un climat déjà tendu. Après l’annonce des résultats, Brian Mundubile avait annoncé vouloir contester l’élection devant les tribunaux.

Selon lui, sa campagne a documenté de graves irrégularités. Il évoque des incohérences dans la conduite du vote, dans le comptage des voix, ainsi que dans la transmission et la déclaration des résultats.

Officiellement, Hakainde Hichilema l’a emporté avec 60 % des voix, contre 38 % pour Brian Mundubile. Mais selon le gouvernement zambien, aucun recours officiel n’a été déposé devant la justice dans le délai légal de sept jours. Le pouvoir a donc annoncé l’investiture du président réélu pour le 1er septembre.

Fait notable, les tribunaux ont été fermés le 24 août, dernier jour possible pour déposer un recours. Cette décision a été vivement critiquée par l’opposition, qui y voit un obstacle supplémentaire à la contestation des résultats. Un recours a tout de même été déposé par voie électronique par un particulier.

Une démocratie sous pression

La Zambie est habituellement présentée comme l’une des démocraties les plus stables d’Afrique. Depuis le retour au multipartisme en 1991, chaque changement de président s’est fait de façon pacifique, par les urnes.

Mais cette réputation semble aujourd’hui mise à l’épreuve. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Hakainde Hichilema en 2021, plusieurs observateurs notent un rétrécissement de l’espace laissé à la dissidence politique. La pression sur l’opposition se serait intensifiée ces derniers mois.

L’arrestation de Brian Mundubile, juste après une élection contestée, alimente ces inquiétudes. Pour l’instant, aucune charge officielle précise n’a été communiquée à son encontre. La suite de la procédure judiciaire, tout comme celle du recours électoral, devrait se préciser dans les prochains jours, à l’approche de l’investiture présidentielle prévue le 1er septembre.

Ce pays producteur de cuivre, très regardé par les investisseurs internationaux, se retrouve ainsi au centre de l’attention pour des raisons politiques plutôt qu’économiques, à un moment charnière de son histoire démocratique.

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