Une société financière américaine a déposé une plainte aux États-Unis contre la République Démocratique du Congo et plusieurs hauts responsables, les accusant de tentative de corruption, selon un document consulté mercredi par l’AFP.
La société PayServices, basée dans l’Idaho, affirme avoir été invitée fin 2023 à créer une coentreprise pour « revitaliser la banque publique de la RDC et numériser et moderniser l’ensemble de l’économie nationale ».
L’entreprise affirme avoir accepté l’accord et investi plus de 72 millions de dollars dans la technologie et les services, en vertu d’un contrat stipulant que l’État congolais versera 20 millions de dollars « dans un délai de deux semaines » .
Par la suite, « plusieurs fonctionnaires corrompus de la RDC » — agissant « à l’insu du président de la RDC » — auraient conspiré pour exiger des pots-de-vin de PayServices, selon le document. Parmi les personnes citées figurent le ministre des Entreprises publiques , le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque centrale .
Des proches collaborateurs du président congolais Félix Tshisekedi, dont son chef de cabinet, sont également cités. Face au refus de leurs demandes, les « personnes mises en cause auraient alors conspiré pour saboter et rompre le contrat, et mettre fin » au projet, affirme la société.
PayServices réclame 20 millions de dollars de dommages et intérêts ainsi que le remboursement de son investissement.
Le ministère des Entreprises publiques a rejeté ces accusations dans un communiqué, les qualifiant de « dénuées de tout fondement juridique, budgétaire ou comptable ». Il a accusé la société de se présenter faussement comme une banque alors qu’elle ne possède pas le « statut légal d’établissement bancaire ».
« Dans ce contexte, les autorités… ont mis fin à tout suivi administratif de cette affaire afin de préserver les finances publiques », a déclaré le ministère.
Dans sa plainte, PayServices affirme également avoir obtenu « une rencontre directe » en mai dernier avec Félix Tshisekedi, qui aurait déclaré être « choqué d’apprendre l’existence de ces blocages ».
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