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Niger : Les défenseurs de Mohamed Bazoum exigent sa remise en liberté sans délai

Trois ans après le coup d’État qui l’a renversé, Mohamed Bazoum reste enfermé dans une aile de la résidence présidentielle de Niamey. Dans un communiqué transmis vendredi à l’AFP, ses avocats ont une nouvelle fois réclamé sa « libération immédiate et sans condition ». Ainsi que celle de son épouse Hadiza, elle aussi détenue depuis le putsch.

Une détention qui s’éternise sans procès

Le 26 juillet 2023, le général Abdourahamane Tiani prenait le pouvoir au Niger à la faveur d’un coup d’État militaire. Mettant ainsi brutalement fin au mandat de Mohamed Bazoum, élu démocratiquement en avril 2021. Depuis cette date, l’ancien président et son épouse sont retenus dans une partie isolée du palais présidentiel, coupés de tout contact avec l’extérieur.

Dans leur communiqué, les avocats du couple rappellent qu’« aucune charge ne lui a cependant jamais été formellement notifiée ». Le collectif international de défense de Mohamed Bazoum insiste sur le caractère arbitraire de cette privation de liberté prolongée, qui se poursuit sans inculpation ni procès trois ans après les faits.

Le mandat présidentiel de Mohamed Bazoum, entamé en avril 2021, est arrivé formellement à échéance en mars 2026, sans qu’aucune libération n’intervienne à cette occasion. Son immunité présidentielle avait pourtant été levée dès 2024 par une cour spécialement créée par la junte. La cour avait alors annoncé son intention de le poursuivre pour « haute trahison ». Notons que ce chef d’accusation est passible de la peine de mort au Niger.

Lire aussi :Les nouvelles de Mohamed Bazoum, l’ancien président nigérien

Des instances internationales unanimes

La situation de l’ancien président nigérien a mobilisé plusieurs instances internationales au fil des mois. Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu que la privation de liberté de Mohamed Bazoum et de son épouse était dépourvue de toute base légale, réclamant leur libération immédiate. En décembre 2023 déjà, la Cour de justice de la CEDEAO avait rendu une décision similaire, restée sans effet.

Plus récemment, le 12 mars 2026, le Parlement européen a adopté à une large majorité de 524 voix pour, deux contre et 29 abstentions, une résolution exigeant à son tour la libération « immédiate et inconditionnelle » du couple Bazoum. Niamey avait alors dénoncé une « ingérence » dans ses affaires intérieures . Il a même convoqué la chargée d’affaires de l’Union européenne.

Mohamed Bazoum, ancien président Nigérien/ crédit photo : Google

Un dossier fragilisé par le retrait du Niger de la CEDEAO

L’application de ces différentes décisions se heurte à un obstacle de taille au retrait officiel du Niger de la CEDEAO. Ce retrait a été acté en fin janvier 2026. Et ce, au profit de l’Alliance des États du Sahel (AES) formée avec le Mali et le Burkina Faso. Ce départ prive de facto la décision de la juridiction communautaire ouest-africaine de tout levier d’application concret sur les autorités nigériennes.

Sur le plan intérieur, la junte au pouvoir n’a pour l’instant montré aucun signe de vouloir infléchir sa position. Environ cinquante personnes arrêtées après le coup d’État, dont d’anciens responsables gouvernementaux, des officiers et un journaliste ont été libérées au fil des mois. Mais le sort de l’ancien président et de son épouse reste inchangé. De plus, aucune date de procès n’ait pour l’heure été fixée.

Une figure devenue symbole

Au-delà du cas individuel, la détention de Mohamed Bazoum est devenue un symbole des tensions persistantes entre les juntes militaires sahéliennes et la communauté internationale sur les questions de gouvernance et de droits humains. Alors que plusieurs pays de la région ont connu des trajectoires politiques similaires ces dernières années, le sort réservé à l’ancien président nigérien continue d’être scruté de près par les organisations de défense des droits humains, qui y voient un cas emblématique de détention prolongée sans garanties judiciaires.

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