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Niger : Des centaines d’armes retrouvées après la mutinerie du 29 août

Plusieurs jours après une tentative de déstabilisation à Niamey, l’ampleur de l’arsenal utilisé par les mutins commence à être révélée. Les autorités nigériennes ont présenté un impressionnant stock d’armes récupéré sur le terrain.

Cette saisie fait suite aux affrontements survenus dans la nuit du 28 au 29 août 2026, à la base militaire 101 de la capitale nigérienne.

Une mutinerie qui a secoué la capitale

Tout commence dans la nuit du vendredi au samedi. Un groupe de militaires, décrits comme étant en rupture avec le règlement, séquestre certains de leurs camarades au sein de la base 101, avant d’ouvrir le feu vers plusieurs points sensibles de Niamey.

Des tirs sont alors signalés autour de l’aéroport international, ainsi qu’à proximité du palais présidentiel. La garde présidentielle du général Abdourahamane Tiani intervient et parvient, après plusieurs heures de tension, à reprendre le contrôle de la situation. Certains mutins rendent les armes après des pourparlers, d’autres sont neutralisés par les forces loyalistes.

Ces affrontements ont coûté la vie à trois membres de la garde présidentielle. Ce samedi matin là, la télévision nationale avait même été brièvement coupée pendant un peu plus d’une heure, un écran noir remplaçant les programmes habituels.

Selon les autorités, les militaires impliqués appartiennent au Bataillon spécial de reconnaissance du Commandement des opérations spéciales, une unité créée après 2023 pour lutter contre le terrorisme.

Un arsenal impressionnant récupéré sur place

Plusieurs jours après ces événements, les forces de défense et de sécurité nigériennes ont dévoilé, le 2 septembre à la télévision nationale, l’ampleur du matériel saisi lors des opérations de sécurisation de la base 101.

Lire aussi : Tentative de coup d’Etat au Niger

Le bilan est particulièrement lourd. Les militaires loyalistes ont récupéré 34 véhicules pick up de marque Toyota, équipés d’armes embarquées, ainsi que deux véhicules blindés légers, dont l’un a été détruit pendant les combats. Plusieurs dizaines de motos ont également été saisies.

Du côté de l’armement individuel et collectif, le décompte donne le vertige. Les forces de sécurité ont retrouvé 382 fusils d’assaut de type AK 47, 36 lance roquettes RPG 7, ainsi que 30 mitrailleuses. S’y ajoutent six armes lourdes de calibre 12,7 millimètres, quatre canons de 14,5 millimètres, quatre fusils de précision Dragunov, un mortier de 82 millimètres et 17 pistolets automatiques.

Ce matériel s’accompagne aussi d’importantes quantités de munitions et d’équipements de communication, confirmant la préparation logistique dont disposaient les mutins avant leur passage à l’action.

Une tentative de déstabilisation qui inquiète

Pour les autorités nigériennes, ces événements ne relèvent pas d’un simple mouvement d’humeur au sein de l’armée. Elles y voient une véritable tentative de remise en cause des institutions issues de ce qu’elles appellent la refondation du pays.

Un officier nigérien a par ailleurs évoqué de possibles contacts entre les mutins et des acteurs extérieurs, citant notamment le Tchad, le Bénin, la Côte d’Ivoire et la France, sans toutefois apporter à ce stade de preuves publiques sur ces accusations.

Ces événements raniment aussi le souvenir d’attaques précédentes visant les mêmes infrastructures. L’aéroport de Niamey avait déjà été la cible de deux attaques cette année, la première en janvier, revendiquée par le groupe État islamique au Sahel, la seconde en juin, attribuée au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al Qaïda.

Ce nouvel épisode illustre la pression grandissante qui pèse sur l’armée nigérienne, confrontée depuis plusieurs années à une menace jihadiste persistante, tout en devant désormais faire face à des tensions internes au sein même de ses rangs.

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