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Aide au développement : La Suède tourne le dos à ces pays africains

La Suède vient de mettre un terme à plusieurs décennies de coopération avec certains pays africains. Cette décision, entrée en vigueur ce lundi 31 août, marque un tournant dans la politique d’aide au développement du royaume scandinave.

Le Liberia, le Mozambique, la Tanzanie et le Zimbabwe font partie des pays directement concernés par cet arrêt des programmes bilatéraux.

Une décision annoncée depuis plusieurs mois

Cette rupture n’est pas une surprise totale. Dès le mois de décembre dernier, le ministre suédois de la Coopération internationale, Benjamin Dousa, avait annoncé la fin progressive de l’aide bilatérale envers cinq pays, dont quatre en Afrique. La Bolivie complète cette liste, hors du continent africain.

Selon les autorités suédoises, cette décision n’a pas été prise à la légère. Elle résulte d’une réduction générale des crédits alloués à la coopération au développement dans le budget national. Stockholm évoque aussi de nouveaux défis en matière de politique de sécurité dans son voisinage immédiat.

Concrètement, les programmes d’aide à long terme ont pris fin ce 31 août 2026, comme annoncé plusieurs mois à l’avance. Trois ambassades suédoises, situées en Bolivie, au Liberia et au Zimbabwe, seront également fermées. Ces représentations diplomatiques étaient principalement tournées vers l’aide au développement.

Lire aussi : Aide publique au développement

Des sommes considérables redirigées vers l’Ukraine

L’argent économisé grâce à cette décision ne disparaît pas pour autant des priorités suédoises. Il doit être redirigé vers un autre bénéficiaire, l’Ukraine.

Le gouvernement suédois prévoit d’augmenter son soutien à Kiev, pour le porter à au moins 10 milliards de couronnes suédoises, soit environ 913 millions d’euros, en 2026. Cette somme représenterait alors près de 20 % de l’enveloppe totale de l’aide suédoise à l’étranger.

Selon le ministre Dousa, ce choix répond à un devoir jugé prioritaire. Il affirme que la Suède se trouve à un moment charnière de l’histoire de l’Europe, ce qui justifierait, selon lui, des choix de priorités difficiles.

À titre de comparaison, les quatre pays africains concernés avaient reçu, cumulés, plus de 50 milliards de couronnes suédoises d’aide au cours des vingt cinq dernières années. Rien que pour le Liberia, l’aide suédoise avait dépassé 5,77 milliards de couronnes depuis 2008, selon le journal britannique The Guardian, faisant de la Suède le deuxième donateur du pays après les États Unis.

Des conséquences redoutées sur le terrain

Plusieurs organisations humanitaires et de défense des droits ont vivement réagi à cette annonce. L’organisation Diakonia parle d’un abandon des mouvements démocratiques que la Suède soutenait pourtant depuis de longues années.

De son côté, l’ONG WaterAid regrette une réorientation de la politique suédoise vers les intérêts commerciaux du pays et la gestion des questions migratoires, au détriment de besoins essentiels comme l’accès à l’eau potable.

Le Guardian souligne également que cette coupure pourrait avoir un effet particulièrement lourd sur les politiques de santé au Liberia, notamment en matière de santé sexuelle et reproductive.

Face à ces inquiétudes, la Suède affirme vouloir rester engagée dans les mécanismes d’aide multilatéraux, notamment à travers l’Union européenne. Stockholm assure aussi maintenir des liens diplomatiques avec les pays concernés, mais avec un accent désormais porté sur les relations commerciales plutôt que sur l’aide au développement classique.

Cette décision suédoise s’inscrit dans un mouvement plus large de désengagement de plusieurs bailleurs occidentaux envers l’Afrique, après la suppression de l’agence américaine USAID décidée par l’administration Trump. Un contexte qui pourrait fragiliser davantage plusieurs pays africains, déjà confrontés à des crises climatiques et économiques persistantes.

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