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Mali : Six personnes condamnées pour tentative de déstabilisation de l’État

Après plusieurs années d’instruction et plus de quatre ans de détention préventive pour certains d’entre eux, la Chambre criminelle de la Cour d’appel de Bamako a rendu son verdict, ce vendredi 24 juillet 2026, dans l’un des dossiers judiciaires les plus suivis de la Transition malienne. Les six accusés, poursuivis pour une présumée tentative de déstabilisation des autorités, ont été déclarés coupables au terme de sept journées de débats contradictoires.

Un dossier remontant aux événements de 2021

L’affaire trouve son origine dans les événements politiques survenus en 2021, alors que le Mali traversait une période de fortes turbulences institutionnelles. Les faits reprochés aux six accusés sont qualifiés d’association de malfaiteurs, de tentative d’attentat et de complot contre les autorités de la Transition

Parmi les personnalités jugées figurent des profils très divers, reflet de l’ampleur du réseau présumé : le colonel-major Kassoum Goïta, ancien directeur général de la Sécurité d’État, le professeur Kalilou Doumbia, ancien secrétaire général de la Présidence de la République, mais aussi un ancien commissaire de police, un opérateur économique et un féticheur. Plusieurs d’entre eux avaient été interpellés dès l’automne 2021, avant que leur dossier ne suive un long parcours procédural marqué par de multiples rebondissements, jusqu’à leur renvoi devant la juridiction chargée de juger l’affaire.

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Des peines allant de sept à quinze ans de réclusion

Le verdict rendu distingue deux catégories parmi les six condamnés. Quatre d’entre eux le colonel-major Kassoum Goïta, l’agent des services de sécurité Abdoulaye Ballo, l’opérateur économique Sandi Ahmed Saloum et le féticheur Issa Samaké ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs et de complot contre le gouvernement, et condamnés à quinze ans de réclusion criminelle.

Les deux autres accusés, Kalilou Doumbia et l’ancien commissaire de police Moustapha Diakité, ont pour leur part été déclarés coupables de complicité d’association de malfaiteurs et de complot contre le gouvernement, ce qui leur a valu une peine de sept ans de réclusion criminelle. Ces peines restent toutefois inférieures aux réquisitions du parquet général, qui avait demandé une peine de vingt ans de réclusion criminelle à l’encontre de cinq des six accusés.

La défense dénonce un procès inéquitable

Du côté de la défense, la sentence est vivement contestée. Les avocats des condamnés pointent du doigt une procédure entachée de nombreuses irrégularités et avaient d’ailleurs réclamé la nullité des poursuites. Ils rappellent également que leurs clients auraient subi de graves sévices lors de leur détention, sans bénéficier ensuite d’une prise en charge médicale adaptée.

Crédit photo : Google

Autre point soulevé par la défense : les accusations de détournement de fonds publics que le colonel Kassoum Goïta aurait lui-même portées contre les autorités militaires au pouvoir, qu’il présente comme la véritable raison de sa mise en cause. Ces accusations n’ont, selon les avocats, fait l’objet d’aucune mention de la part de la Cour ni du parquet durant le procès, et ne devraient a priori donner lieu à aucune investigation. Un proche des condamnés a dénoncé un « déni de justice », estimant que le refus de la justice de se prononcer sur ces éléments fragilise la légitimité de l’ensemble de la procédure.

Le parquet évoque une décision rendue au nom du peuple

Face à ces critiques, le procureur, qui avait pourtant requis des peines plus sévères, a pris acte du verdict, le présentant comme une décision rendue au nom du peuple malien. Cette formulation illustre la dimension éminemment politique que revêt ce dossier, dans un contexte où la Transition malienne continue d’affirmer sa fermeté face à toute tentative supposée de fragiliser les institutions en place, plus de trois ans après son arrivée au pouvoir.

Un procès suivi de près sur les réseaux sociaux

Ce verdict, qui met un terme provisoire à un feuilleton judiciaire vieux de plusieurs années, suscite d’importantes réactions sur les réseaux sociaux maliens, entre soutien à la fermeté des autorités et critiques dénonçant un procès à charge. Les dossiers touchant à la sécurité de l’État et à la stabilité politique génèrent traditionnellement un engagement fort, entre commentaires, partages et prises de position tranchées.

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