La menace vient de loin, mais Ottawa ne prend aucun risque. Face à la progression rapide de l’épidémie en République démocratique du Congo, le Canada durcit ses règles d’entrée sur le territoire.
Une interdiction qui entre en vigueur ce lundi
À compter de ce lundi 20 juillet à 23 h 59, heure de l’Est, tout ressortissant étranger ayant séjourné en République démocratique du Congo au cours des vingt et un derniers jours se voit interdire l’entrée au Canada.
La mesure a été annoncée par l’Agence de la santé publique du Canada. En vertu de la Loi sur l’aéronautique, les transporteurs aériens commerciaux et privés devront désormais refuser l’embarquement à toute personne concernée par cette interdiction, avant même son arrivée sur le sol canadien.
Les citoyens et résidents permanents épargnés
Cette interdiction ne touche pas tout le monde. Les citoyens canadiens, les résidents permanents et les personnes inscrites en vertu de la Loi sur les Indiens ne sont pas visés par la mesure.
Ils devront néanmoins respecter une quarantaine de vingt et un jours à leur arrivée s’ils ont séjourné en République démocratique du Congo, en Ouganda ou au Soudan du Sud. Cette obligation de quarantaine avait déjà été mise en place fin mai.
Elle s’accompagnait alors d’une évaluation systématique des voyageurs en provenance de ces trois pays et de l’obligation de fournir un plan de quarantaine détaillé.
Une épidémie qui s’accélère
Cette décision intervient dans un contexte sanitaire préoccupant. Selon les dernières données de l’OMS, arrêtées au 19 juillet, 2267 cas ont été recensés en RDC, dont 893 décès.
722 patients restent actuellement en isolement ou hospitalisés. 444 personnes se sont rétablies.Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a averti que cette épidémie se propage plus rapidement que toutes les précédentes.
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Il s’agit de la troisième plus grave épidémie d’Ebola jamais enregistrée, sur un total de dix sept recensées depuis la découverte du virus.L’épidémie a été officiellement déclarée par les autorités congolaises le 15 mai dernier. Le Soudan du Sud voisin a également signalé une vingtaine de cas et deux décès liés à cette flambée.

Un risque jugé faible pour la population canadienne
Malgré cette mesure, les autorités sanitaires canadiennes se veulent rassurantes sur un point. Le risque que représente la maladie pour la population du pays demeure considéré comme faible.
Aucun cas d’Ebola lié à un voyage n’a été détecté jusqu’à présent sur le territoire canadien.Le gouvernement précise agir par mesure de précaution. Le gouvernement affirme vouloir concilier efficacité des contrôles frontaliers et prise en charge sécurisée des voyageurs.
Une mesure limitée dans le temps
Cette interdiction d’entrée ne sera pas permanente. Elle restera en vigueur jusqu’au 29 août 2026. Passé ce délai, les autorités canadiennes réévalueront la situation en fonction de l’évolution de l’épidémie sur le terrain.
L’Organisation mondiale de la santé avait pourtant appelé les pays à lever toutes les restrictions de voyage imposées aux personnes en provenance de pays touchés par le virus. Ottawa a choisi une autre voie, misant sur la prudence face à l’accélération inquiétante des chiffres.
Rappel sur la maladie
Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels de personnes ou d’animaux infectés. La maladie provoque de la fièvre, des vomissements et des diarrhées. Dans les cas les plus graves, des hémorragies internes et externes souvent fatales.


