L’Algérie vient de vivre un moment historique. Ce mardi 28 juillet 2026, l’Assemblée populaire nationale a élu une femme à sa tête pour la toute première fois de son histoire. Khalida Boufedeche devient ainsi la nouvelle présidente de la chambre basse du Parlement algérien.
Une élection remportée à une large majorité
Le scrutin s’est tenu à Alger, à bulletin secret, en raison de la présence de plusieurs candidats. Khalida Boufedeche a obtenu 302 voix. Ses deux concurrents, issus d’autres partis politiques, ont recueilli respectivement 57 et 7 voix. Sa victoire était largement attendue. Sa candidature bénéficiait en effet du soutien de la plupart des grands partis représentés à l’Assemblée, qui comptent ensemble plus de 300 députés sur les 407 que compte l’institution.
Cette élection intervient au lendemain des élections législatives du 2 juillet 2026. Ce scrutin avait été marqué par un taux de participation particulièrement faible, le plus bas jamais enregistré dans le pays.
Qui est la nouvelle présidente de l’Assemblée
Khalida Boufedeche est médecin de formation. Elle est spécialiste en allergologie et occupe un poste de cheffe de service au sein de la Direction de la santé et de la population de la wilaya d’Alger. Âgée de 44 ans, elle est mariée et mère de deux filles.
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Sur le plan politique, elle est membre du Front de libération nationale, le parti historique de l’indépendance algérienne. Elle siège également au comité central de cette formation. Avant de devenir députée, elle avait déjà occupé des fonctions électives locales, d’abord au sein de l’assemblée populaire de sa commune de Bordj El Bahri, puis à l’assemblée de la wilaya d’Alger.
Le quatrième personnage de l’État
En accédant à la présidence de l’Assemblée populaire nationale, Khalida Boufedeche devient officiellement le quatrième personnage de l’État algérien. Elle succède à Brahim Boughali, qui occupait ce poste depuis cinq ans. Conformément à la Constitution, son mandat à la tête de l’institution durera toute la dixième législature, soit cinq années.

Une avancée pour la représentation des femmes
Cette élection est saluée comme un symbole fort pour la place des femmes dans les institutions algériennes. Elle intervient pourtant dans un contexte où les femmes restent largement sous représentées au Parlement. Seules 23 femmes ont été élues députées à l’issue du scrutin du 2 juillet, sur un total de 407 sièges. Cela représente un peu plus de 5 % des élus, alors que les femmes composent près de la moitié de la population algérienne.
Ce chiffre marque même un recul par rapport aux législatures précédentes. En 2021, l’Assemblée comptait 38 femmes. En 2017, sous un système différent basé sur des quotas, elles étaient 118. Malgré ce contexte, l’arrivée d’une femme à la tête de l’institution est perçue par plusieurs observateurs comme une avancée symbolique importante.
Deux grandes institutions désormais présidées par des femmes
Cette élection place également l’Algérie dans une configuration inédite. Deux institutions majeures du pays sont désormais dirigées par des femmes. La Cour constitutionnelle est en effet présidée depuis juin 2025 par Leïla Aslaoui. Avec l’élection de Khalida Boufedeche à la tête de l’Assemblée populaire nationale, ce mardi marque donc une nouvelle étape dans la présence des femmes aux plus hauts postes de l’État algérien.


