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Afrique : La Russie s’apprête-t-elle à lâcher l’AES ?

La question circule depuis plusieurs semaines dans certains cercles diplomatiques. Moscou pourrait-il se désengager du Sahel ?

Les faits récents apportent une réponse claire. Ils vont dans le sens inverse.

Un partenariat qui s’élargit

Le 8 juillet 2026, Niamey a accueilli la deuxième session des consultations ministérielles entre la Confédération de l’Alliance des États du Sahel et la Fédération de Russie. Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov s’est déplacé en personne.

Il a rencontré ses homologues du Mali, du Niger et du Burkina Faso.Ce rendez-vous n’était pas une simple formalité. Les parties ont signé plusieurs documents. Un communiqué conjoint fixe les orientations futures de la coopération.

Un mémorandum organise désormais des consultations régulières entre les diplomaties russe et sahélienne. Un plan couvrant la période 2026 à 2027 a également été adopté. La prochaine rencontre est déjà programmée. Elle se tiendra en Russie en 2027.

Le soutien militaire confirmé

Sur le plan sécuritaire, aucune ambiguïté n’existe. Le Mali, le Niger et le Burkina Faso font face depuis des années à des attaques de groupes armés liés à Al Qaïda et à l’organisation État islamique.

Moscou a réaffirmé sa volonté de poursuivre son soutien au renforcement des capacités opérationnelles des armées de l’AES. Les livraisons de matériel militaire se poursuivent. Les forces russes regroupées au sein de l’Africa Corps restent engagées aux côtés des armées nationales.

Lire aussi : Union diplomatique entre CEDEAO et AES

Les ministres de l’AES ont salué ce qu’ils appellent l’approche objective et pragmatique de Moscou. Ils rappellent que la Russie a été la première puissance à reconnaître l’Alliance après sa création en 2023.

Une coopération qui dépasse le militaire

Le partenariat ne se limite plus aux questions de défense. Les discussions abordent désormais l’investissement, le développement et la gouvernance régionale.

La Banque confédérale pour l’Investissement et le Développement de l’AES a été présentée comme un outil stratégique pour l’avenir économique de la région.Un axe de coopération médiatique a également été défini. L’objectif affiché est de contrer ce que les deux parties appellent des campagnes de désinformation venues de certains pays occidentaux.

Le communiqué final condamne fermement les attaques terroristes récentes. Il évoque l’implication présumée d’acteurs étatiques extérieurs, en citant la France et l’Ukraine.

Pourquoi cette rumeur d’un retrait ?

Certains observateurs évoquent parfois un désengagement russe, en pointant les tensions internes en Russie ou la priorité donnée au conflit ukrainien.

Rien dans les faits récents ne confirme cette hypothèse. Au contraire, chaque rencontre officielle depuis avril 2025 a renforcé les liens entre Moscou et les capitales sahéliennes.La fréquence des rencontres augmente. La première réunion ministérielle s’est tenue à Moscou en avril 2025.

La deuxième a suivi en marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York. La troisième, organisée à Niamey en juillet 2026, confirme cette dynamique. Un troisième sommet Russie Afrique est également en préparation, comme l’ont confirmé les échanges entre Sergueï Lavrov et le président nigérien Abdourahamane Tiani.

Ce que cela signifie pour la région

Pour les trois pays de l’AES, sortis de la CEDEAO et coupés des soutiens occidentaux traditionnels, la relation avec Moscou reste un pilier essentiel. Elle touche la sécurité, l’économie et désormais l’information. Aucun signal ne laisse penser à un retrait russe dans les mois qui viennent.

La confédération sahélienne mise sur cette alliance pour affirmer son autonomie. Les dirigeants des trois pays présentent cette coopération comme une garantie de souveraineté face à leurs anciens partenaires occidentaux.

Le calendrier fixé jusqu’en 2027 confirme cet engagement dans la durée.La rumeur d’un lâchage russe apparaît donc largement infondée à ce stade. Les faits montrent plutôt un resserrement méthodique des liens entre Moscou et les capitales de l’AES.

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