Cours gratuits, certificat inclus, ateliers pratiques. Smart Africa ouvre un programme de formation pour les décideurs publics du continent.
Vous travaillez dans une administration, une autorité de régulation ou un ministère ? Alors cette offre vous concerne directement. Par l’intermédiaire de la Smart Africa Digital Academy, dite SADA, Smart Africa invite les décideurs politiques, les régulateurs et les cadres du secteur public de toute l’Afrique à rejoindre le programme SADA-WARDIP.
Un programme à grande échelle, soutenu par la Banque mondiale
L’objectif est ambitieux. D’ici 2028, le programme veut former 30 000 agents du secteur public. Il vise aussi une participation féminine d’au moins 40 %, un chiffre qui montre la volonté de réduire l’écart entre les hommes et les femmes dans les métiers du numérique.
Le financement vient de la Banque mondiale. En février 2024, elle a accordé à la SADA une subvention de 20 millions de dollars sur cinq ans. Cet argent s’inscrit dans le programme WARDIP, un grand projet régional d’intégration numérique de l’Afrique de l’Ouest. Il permet à l’académie de passer d’une action nationale à une action régionale, puis continentale.
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Pour comprendre l’ampleur de ce changement, un détail aide. La SADA a été lancée en août 2020 avec un capital de départ d’environ 30 000 dollars. Elle avait formé plus de 7 000 personnes dans 35 pays africains en 2024. Sa plateforme annonce aujourd’hui plus de 7 000 apprenants, des activités auprès de plus de 50 États membres de l’Union africaine et un accès en trois langues, l’anglais, le français et le portugais. Smart Africa, de son côté, est une alliance de 39 pays africains, d’organisations internationales et d’entreprises privées chargée de porter l’agenda numérique du continent.
Cinq domaines pour répondre aux défis de demain
Les parcours d’apprentissage couvrent cinq thèmes. Voici ce qu’ils recouvrent, en termes simples.
- Haut débit et télécommunications.Il s’agit de comprendre comment étendre l’accès à Internet, fixer des règles pour les opérateurs et rendre la connexion plus abordable.
- Cybersécurité. Les administrations gèrent des données sensibles. Savoir les protéger devient une compétence de base.
- Gouvernance des données. Qui possède les données, qui peut les utiliser et comment les partager sans risque ? Cette question pèse de plus en plus dans les politiques publiques.

- Transformation numérique verte. Le numérique consomme de l’énergie. Ce parcours aide à concevoir des politiques plus respectueuses de l’environnement.
- Intelligence artificielle. Elle arrive dans les services publics. Les décideurs doivent en connaître les usages, mais aussi les limites et les risques.
Ces thèmes ne sont pas choisis au hasard. Ils correspondent aux sujets sur lesquels les régulateurs et les responsables publics doivent trancher dans les prochaines années, souvent avec peu de temps pour se former.
Comment participer en trois étapes
La démarche se fait en ligne.
- Créer un compte SADA, si vous n’en avez pas encore.
- Choisir votre parcours d’apprentissage parmi les cinq domaines.
- Soumettre une manifestation d’intérêt, qui permet d’obtenir une licence Coursera.

Les participants retenus recevront une licence Coursera en gestion autonome. Les cours sont gratuits et un certificat est remis à la fin.
Le formulaire de candidature se trouve à l’adresse https://sada.smart.africa/local/coursera/apply.php. Les parcours se découvrent sur la page https://sada.smart.africa/local/pathway/find.php, en choisissant le domaine voulu (haut débit, cybersécurité, gouvernance des données, transformation verte ou intelligence artificielle). Pour toute question, une adresse est prévue, [email protected].
Ce qu’il faut savoir avant de candidater
Trois points méritent attention.
D’abord, l’offre s’adresse aux professionnels du secteur public, pas au grand public. Elle vise en priorité les décideurs politiques, les régulateurs et les cadres de l’administration.
Ensuite, déposer une manifestation d’intérêt ne garantit pas l’obtention d’une licence. Les participants sont sélectionnés, comme l’indique l’annonce. Mieux vaut donc présenter clairement votre fonction et ce que le parcours choisi apporterait à votre travail. L’annonce ne précise pas de date limite. Il est donc prudent de candidater sans attendre.

Enfin, pensez à votre équipe. Si vous dirigez un service, encouragez vos collègues, et en particulier les femmes, à candidater. Avec un objectif de 40 % de participation féminine, chaque candidature compte.
Au final, ce programme répond à un besoin concret. Les lois, les régulations et les services publics se numérisent vite, et ceux qui les conçoivent doivent suivre le rythme. Une formation gratuite, reconnue par un certificat et accessible à son propre rythme est une occasion à saisir.


