Deviens membre !

Nous vous enverrons au moins deux (2) par semaines des nouvelles et opportunités

― PUBLICITE ―

spot_img
AccueilPolitiqueFaure Gnassingbé attendu à Moscou pour le sommet entre la Russie et...

Faure Gnassingbé attendu à Moscou pour le sommet entre la Russie et l’Afrique

Le chef du gouvernement togolais, Faure Gnassingbé, se rendra à Moscou les 28 et 29 octobre pour le troisième sommet entre la Russie et l’Afrique. La nouvelle a été donnée par l’ambassadeur russe à Lomé, et le Togo a confirmé sa présence.

Une présence confirmée par les deux capitales

C’est Igor Evdokimov, ambassadeur de Russie au Togo, qui a annoncé l’information à l’agence russe African Initiative. D’après lui, le ministère togolais des Affaires étrangères a officiellement indiqué que Faure Gnassingbé ferait le déplacement.

Ce titre peut surprendre ceux qui suivent l’actualité de loin. Le Togo est passé à un régime parlementaire. Le président du Conseil dirige désormais le gouvernement, tandis que le président de la République tient surtout un rôle protocolaire. C’est donc bien Faure Gnassingbé, en tant que président du Conseil, qui représentera le pays.

Le rendez-vous de Moscou n’est pas une simple photo de famille. Il doit réunir des dirigeants et des délégations africaines autour du commerce, de la sécurité et des investissements. Un plan d’action pour les années 2027 à 2029 doit y être adopté. Parmi les thèmes annoncés, on trouve l’énergie, l’agriculture, le numérique, l’intelligence artificielle et les systèmes de paiement. Un forum économique et humanitaire se tiendra aussi en marge des discussions.

Depuis le premier sommet de Sotchi en 2019, puis celui de Saint-Pétersbourg en 2023, la Russie reçoit chez elle. Ce sera encore le cas cette fois. Plus de trente pays africains avaient déjà confirmé leur venue dès le mois de juillet, selon Moscou.

Un rapprochement construit pas à pas

Le voyage de fin octobre s’inscrit dans une série de rencontres entre Lomé et Moscou. Tout s’accélère depuis 2025.

Lire aussi : Forum Russie-Afrique : Moscou attend environ 1000 invités

En octobre 2025, les deux pays ont ratifié un accord de coopération militaire. Il prévoit notamment des formations et des exercices. Un mois plus tard, Faure Gnassingbé était reçu au Kremlin par Vladimir Poutine. C’était sa première visite officielle en Russie depuis 2019. À cette occasion, les deux pays ont annoncé l’ouverture d’ambassades dans chaque capitale en 2026. Ils entretiennent pourtant des relations diplomatiques depuis 1960, mais sans représentation résidente de part et d’autre.

En mars 2026, le ministre russe de la Défense, Andreï Belousov, a à son tour fait le voyage de Lomé.

Plus récemment, du 29 septembre au 1er octobre, la première session de la commission mixte entre le Togo et la Russie s’est tenue dans la capitale togolaise. Elle s’est terminée par la signature d’un mémorandum d’entente. Les discussions ont porté sur un corridor logistique lié au port de Lomé, mais aussi sur l’énergie, les mines et les transports. La prochaine session est prévue à Moscou en 2028.

Il faut garder un ordre de grandeur en tête. Les échanges commerciaux entre les deux pays restent modestes. Ils tournaient autour de 120 millions de dollars en 2024. Les engrais, les céréales et les produits industriels en forment la base. L’intérêt de Moscou se porte surtout sur le port en eau profonde de Lomé, une porte d’entrée vers les pays du Sahel, et sur les phosphates.

Ce que cherche Lomé, et ce qu’il faudra regarder

Le Togo défend depuis longtemps une ligne de dialogue avec tous. Quelques jours seulement avant l’annonce de Moscou, Faure Gnassingbé terminait une visite officielle d’une semaine en Chine. Le Togo discute aussi avec ses partenaires de toujours, dont les institutions financières internationales. Pour Lomé, parler à Moscou ne veut pas dire tourner le dos aux autres.

Pour comprendre l’enjeu, il faut penser à la situation du pays. Le nord du Togo subit des violences venues du Sahel. La question de la sécurité pèse donc lourd dans le choix des partenaires. Dans le même temps, le sujet reste sensible sur le plan politique. L’opposition s’est inquiétée ces derniers mois d’une présence présumée de forces étrangères dans le nord. Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a répondu qu’il n’y avait pas de « mercenaires russes » dans le pays.

Du côté russe, l’objectif est clair. Moscou cherche à s’installer sur la côte du golfe de Guinée, après avoir déployé ses soldats de l’Africa Corps dans plusieurs pays du Sahel. Le Togo, petit pays stable avec un grand port, représente un point d’appui précieux.

Que faut-il surveiller dans les jours qui viennent ? D’abord, le contenu concret des accords que Lomé pourrait signer. Un communiqué chaleureux ne change pas la vie des habitants. Un corridor de transport, un projet énergétique ou des bourses d’études, oui. Ensuite, la façon dont le Togo présentera ce déplacement à ses autres partenaires. Enfin, la place que prendra la sécurité dans les discussions.

Pour le lecteur, l’idée à retenir est simple. Ce sommet ne dira pas seulement ce que la Russie veut de l’Afrique. Il montrera aussi ce que des pays comme le Togo attendent d’un monde où les grandes puissances se disputent à nouveau le continent, et jusqu’où ils sont prêts à aller pour en tirer profit sans perdre leur liberté de choix.

Articles simailaires