Le Togo a battu le Burundi (1-0) vendredi 25 septembre à guichets fermés au stade de Kégué. Ceci, pour l’entrée en lice des deux équipes dans le groupe I des éliminatoires de la CAN 2027. Mais le déroulé du match et les mots mêmes du sélectionneur burundais Patrick Sangwa Mayani racontent une autre histoire. Celle d’une équipe absente pendant quarante-cinq minutes, battue avant tout par elle-même.
Le Togo abordait cette rencontre avec l’obligation de tourner la page d’un passé peu glorieux. En effet, sur ses trois (3) dernières campagnes qualificatives, la sélection togolaise n’avait remporté aucun match d’ouverture. Le Burundi, de son côté, arrivait auréolé d’un parcours préliminaire quasi parfait. Les Hirondelles avaient éliminé le Tchad sur un score cumulé de 8-0 lors du tour précédent. Sur le papier, la rencontre s’annonçait plus disputée que ne le suggérait le classement FIFA, où le Togo (121e) devance le Burundi (143e) sans l’écraser. Rien, avant le coup d’envoi, ne prédestinait cette affiche à un scénario aussi déséquilibré dans son contenu.
Une première mi-temps où le Burundi a regardé jouer le Togo
Le but est tombé tôt, à la 17e minute. Karim Dermane a profité d’un ballon mal repoussé par la défense burundaise pour ajuster une frappe sèche et donner l’avantage aux Éperviers devant un stade de Kégué en ébullition. Ce geste isolé a suffi à faire basculer la rencontre. Après la rencontre, Patrick Sangwa Mayani n’a pas cherché à minimiser la prestation de ses joueurs. « En première mi-temps, on est passés totalement à côté, on était spectateurs, on les regardait jouer », a reconnu le sélectionneur burundais, ajoutant regretter surtout « la manière dont on a pris le premier but ». Ces mots, venus du camp battu lui-même, pèsent plus lourd que n’importe quelle statistique pour expliquer l’écart affiché au tableau d’affichage.
Une seconde période dominée par le Burundi, mais stérile
Le scénario s’est inversé après la pause. Les Hirondelles sont revenues des vestiaires méconnaissables, plus agressives et davantage maîtresses du milieu de terrain. En tout cas, selon les mots de leur propre entraîneur : « En deuxième mi-temps, on a mis des choses en place et on a senti une équipe beaucoup plus agressive. Qui a récupéré des ballons dans le milieu de terrain. » Cette domination s’est traduite sur le terrain dès la 50e minute, quand une frappe burundaise s’est écrasée sur la barre transversale du gardien togolais. Le Togo a plié sans rompre jusqu’au bout, avec une dernière alerte dans le temps additionnel repoussée par une défense organisée autour de son capitaine Djené Dakonam. Mais malgré cette pression prolongée, le Burundi n’est jamais parvenu à transformer sa maîtrise du jeu en but égalisateur. Sangwa Mayani lui-même a résumé ce contraste entre le contenu et le résultat : « On n’a pas eu le brin de chance qu’eux ils ont eu en première mi-temps pour pouvoir la pousser au fond. »
Deux discours d’après-match qui confirment la même lecture
Côté togolais, Patrice Neveu a d’abord salué l’état d’esprit et l’engagement retrouvés de son groupe. Il résume ainsi sobrement l’enjeu comptable de la soirée : les trois points revenaient au Togo, pour son entrée en lice à domicile. Le sélectionneur burundais, lui, n’a pas contesté cette issue. Il a reconnu la qualité individuelle adverse : « Il y a pas mal de très bons joueurs chez les Togolais », a-t-il concédé, avant de relativiser aussitôt la portée du revers pour la suite de la campagne. « Les Togolais ont gagné chez eux, il suffit de gagner chez nous et les compteurs seront remis à zéro », a-t-il prévenu, en référence au match retour prévu plus tard dans la phase de groupes.
Ce que cette défaite change pour le groupe I
Cette victoire permet au Togo de prendre provisoirement la tête du groupe I. Dans ce groupe, figurent également l’Algérie, grande favorite du groupe, et la Zambie. Les Éperviers enchaîneront dès le mardi 29 septembre avec un déplacement à Ndola. Ce sera pour y affronter les Zambiens, un test nettement plus périlleux que celui livré à Kégué. Pour le Burundi, l’urgence est différente : confirmer sa capacité offensive de seconde période sur la durée d’un match complet. Sans cela la première journée pourrait peser lourd dans la course aux deux billets qualificatifs du groupe.


