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Tentative de coup d’Etat : Le Niger rappelle n’avoir jamais accusé le Nigeria

Deux semaines de silence, puis une réponse sèche. Niamey a choisi de recadrer publiquement son voisin nigérian, dans une affaire née d’un coup d’État manqué.

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Une réaction tardive mais très ferme

Tout part d’un communiqué publié le 3 septembre 2026 par le ministère des Affaires étrangères de la République fédérale du Nigeria. Ce texte évoquait des allégations circulant sur les réseaux sociaux, selon lesquelles la tentative de déstabilisation survenue au Niger dans la nuit du 28 et du 29 août aurait bénéficié du soutien du Nigeria.

Ces événements du 28 au 29 août sont sérieux. Cette nuit là, des attaques ont visé le palais présidentiel, l’aéroport international Diori Hamani et le siège de la télévision publique nigérienne à Niamey. Les forces de défense et de sécurité ont fini par reprendre le contrôle de la base aérienne 101 et des autres sites stratégiques visés.

Le gouvernement nigérien a mis quatorze jours à répondre officiellement au communiqué nigérian. La réplique est venue le 17 septembre, sous la forme d’un communiqué du ministère nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur. Le document se dit surpris par la sortie d’Abuja et s’interroge ouvertement sur son sens et ses motivations profondes.

Niamey rejette fermement toute accusation

Le message central du communiqué nigérien tient en une phrase. Le gouvernement du Niger ne saurait être tenu responsable des propos véhiculés par les réseaux sociaux, à moins que le gouvernement du Nigeria ne se reproche lui même une certaine culpabilité dans cette tentative de déstabilisation.

Les autorités nigériennes insistent sur un point précis. Aucun communiqué officiel émanant des autorités du Niger, ni aucun responsable nigérien, n’a jamais mis en cause la République fédérale du Nigeria dans cette affaire. Le ministère souligne également qu’à aucun moment de son témoignage, le capitaine Roger Gabriel, l’officier au cœur des révélations sur la tentative de putsch, n’a cité ou fait allusion au Nigeria et à ses autorités.

Le communiqué rappelle enfin une règle de conduite que Niamey revendique depuis plusieurs années. Le Niger n’a pas pour habitude d’accuser. Il dénonce ses adversaires sur la base de faits bien établis, et non sur la foi de rumeurs relayées en ligne. Le texte se termine en réaffirmant qu’aucune tentative de déstabilisation, d’où qu’elle vienne, ne saurait entamer la dynamique de souveraineté et de refondation en cours au Niger et dans la Confédération des États du Sahel, l’alliance régionale connue sous le sigle AES.

Un contexte régional déjà sous tension

Cette passe d’armes diplomatique ne surgit pas de nulle part. Au lendemain de la tentative de coup d’État, le conseil des ministres nigérien, réuni le 4 septembre sous la présidence du général Abdourahamane Tiani, avait déjà attribué la responsabilité de cette opération à un vaste réseau de connivences internationales. Le communiqué de l’époque visait alors directement la France, sans mentionner le Nigeria.

Le gouvernement nigérien avait aussi annoncé qu’une documentation conséquente avait été constituée sur cette agression, et qu’il se réservait le droit d’intenter des actions devant la justice internationale contre toute personne dont la participation serait établie. Niamey avait par ailleurs exprimé sa reconnaissance envers les pays qu’il considère comme des alliés dans cette épreuve, à savoir les États membres de l’AES, l’Algérie et la Russie.

Sur le plan intérieur, la mobilisation politique a suivi son cours. Le mouvement nigérien M62 a réclamé une justice implacable contre les auteurs, leurs complices et les éventuels commanditaires de la tentative de déstabilisation, tout en réaffirmant sa loyauté envers les autorités en place.

Cette nouvelle séquence entre Niamey et Abuja illustre à quel point les relations entre le Niger et le Nigeria restent fragiles depuis le changement de régime survenu à Niamey. Un simple communiqué évoquant une rumeur de réseaux sociaux a suffi à raviver une méfiance diplomatique que les deux pays peinent visiblement à dissiper.

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