Washington hausse encore le ton envers Pretoria. Une nouvelle mesure vient cibler directement des ressortissants sud-africains jugés responsables de politiques jugées discriminatoires par les autorités américaines.
Le département d’État américain a annoncé, mardi 15 septembre, de nouvelles restrictions de visas visant des personnalités impliquées dans certaines politiques menées en Afrique du Sud.
Un ciblage précis, pas une interdiction générale
Cette mesure s’appuie sur l’article 212(a)(3)(C) de la loi américaine sur l’immigration et la nationalité. Cette disposition permet à Washington de refuser l’entrée sur son territoire à un ressortissant étranger lorsque sa présence est jugée susceptible d’avoir de graves conséquences sur la politique étrangère des États-Unis.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a précisé que cette politique cible les individus jugés responsables de discriminations raciales, d’incitations à la violence, ou de saisies de terres sans compensation en Afrique du Sud. Il est important de le souligner, cette décision ne constitue pas une interdiction générale visant l’ensemble des ressortissants sud-africains, mais un dispositif ciblé sur des personnes précises, en fonction de leurs responsabilités présumées dans ces politiques.
Un décret présidentiel qui sert de fondement légal
Cette annonce s’inscrit dans la continuité directe du décret présidentiel 14204, intitulé Traiter les actions flagrantes de la République d’Afrique du Sud. Selon le département d’État, Washington reste préoccupé par ce qu’il qualifie de crimes motivés par la race et de discriminations étatiques visant les Afrikaners et d’autres minorités dans le pays.
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Cette position américaine s’inscrit dans un contexte de tensions déjà anciennes entre les deux pays, cristallisées notamment autour de la réforme agraire sud-africaine et de la question sensible des expropriations de terres, un sujet qui alimente depuis plusieurs années les relations diplomatiques entre Washington et Pretoria.
Une pression américaine qui touche déjà de nombreux pays africains
Cette mesure ciblant l’Afrique du Sud s’ajoute à une politique de restrictions de visas beaucoup plus large, déployée par l’administration américaine à l’encontre de nombreux pays du continent africain depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Une vingtaine de pays africains figurent déjà sur différentes listes de restrictions, allant de l’interdiction totale d’entrée sur le territoire américain, comme c’est le cas pour la Libye, la Somalie ou le Soudan, à des restrictions plus partielles imposant notamment des entretiens individuels renforcés ou le versement de cautions financières pouvant atteindre plusieurs milliers de dollars.
Cette nouvelle mesure confirme que l’Afrique du Sud, pourtant considérée comme l’une des principales puissances économiques et diplomatiques du continent, n’échappe pas à ce durcissement généralisé de la politique migratoire américaine. Elle illustre également la manière dont Washington utilise désormais les restrictions de visas comme un véritable outil de pression diplomatique, au delà de la seule question migratoire, pour peser directement sur des choix de politique intérieure d’un pays partenaire.


