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Niger : Abuja brise le silence et rejette toute implication dans la tentative de coup d’État

Le Nigeria est monté au créneau pour se défendre. Le pays voisin dément fermement tout rôle dans la tentative de coup d’État survenue au Niger fin août.

Le ministère nigérian des Affaires étrangères a publié un communiqué mercredi 3 septembre, pour couper court aux rumeurs qui circulaient depuis plusieurs jours sur les réseaux sociaux.

Des accusations venues des réseaux sociaux

Tout part d’informations largement partagées en ligne, selon lesquelles la tentative de déstabilisation survenue à Niamey les 28 et 29 août aurait bénéficié du soutien de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la Cédéao, et donc, par extension, du Nigeria lui même.

Le gouvernement fédéral nigérian rejette catégoriquement ces affirmations. Dans son communiqué, il les qualifie de fausses et malveillantes, les décrivant comme infondées et irresponsables. Selon Abuja, ces rumeurs viseraient avant tout à désinformer l’opinion publique et à ternir l’image du pays.

Le Nigeria rappelle par ailleurs sa position déjà exprimée dans une précédente déclaration, publiée le 30 août, au lendemain immédiat des événements. Le pays y réaffirme son attachement à la paix, à l’ordre constitutionnel et à la stabilité démocratique en Afrique de l’Ouest, dans la région du Sahel et plus largement sur le continent africain.

Lire aussi : Tentative de coup d’État signalée au Niger

Un coup d’État manqué qui continue de faire des vagues

Les événements à l’origine de cette polémique se sont déroulés dans la nuit du 28 au 29 août. Des militaires nigériens en rupture avec leur hiérarchie ont tenté de s’en prendre au pouvoir du général Abdourahamane Tiani, à Niamey.

Des tirs et des explosions avaient alors été signalés près de l’aéroport international, du palais présidentiel, ainsi que du siège de la télévision nationale. Les autorités nigériennes affirment avoir depuis saisi un arsenal impressionnant, comprenant des centaines d’armes et de nombreux véhicules, sur les sites concernés par la mutinerie.

Un témoignage d’officier nigérien évoquait également des projets présumés d’intervention extérieure venus en appui aux mutins, sans toutefois apporter à ce stade de preuve publique sur l’implication réelle d’un pays précis.

Un climat de méfiance persistant dans la région

Cette polémique illustre le climat de suspicion qui règne actuellement entre le Niger et certains de ses voisins, depuis le coup d’État de juillet 2023 qui a porté le général Tiani au pouvoir.

Depuis cette date, le Niger a rompu avec la Cédéao et s’est rapproché du Mali et du Burkina Faso, au sein de l’Alliance des États du Sahel. Cette organisation régionale se montre régulièrement méfiante envers d’éventuelles ingérences extérieures, réelles ou supposées, dans les affaires des pays membres.

Le Nigeria, de son côté, reste un acteur majeur de la Cédéao et a par le passé déjà démontré sa capacité d’intervention militaire dans la région, notamment en décembre 2025, lorsque ses forces armées avaient soutenu le Bénin après une tentative de coup d’État visant le président Patrice Talon.

Dans ce contexte régional sensible, ce nouveau démenti nigérian vise avant tout à éviter toute escalade diplomatique avec le Niger, alors que les relations entre les pays de la Cédéao et ceux de l’Alliance des États du Sahel restent, depuis plusieurs années, particulièrement tendues.

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