La justice malgache vient de rendre un verdict très attendu. L’ancien président du Sénat, Richard Ravalomanana, a été condamné à une lourde peine pour son rôle dans la répression de manifestations.
Le jugement a été prononcé ce mardi 1er septembre par le tribunal criminel d’Antananarivo, au terme d’une seule journée d’audience.
Une condamnation liée aux manifestations de 2025
Richard Ravalomanana, général à la retraite de la gendarmerie, a été reconnu coupable de complicité de meurtres et de complicité de coups et blessures volontaires. La justice a retenu sa responsabilité dans la répression violente des manifestations qui ont secoué Madagascar en septembre et octobre 2025.
Ce mouvement de contestation, porté notamment par la jeunesse malgache, avait d’abord démarré à cause des coupures récurrentes d’eau et d’électricité, avant de prendre une tournure politique plus large. Pendant près de trois semaines, les manifestants avaient été dispersés à coups de gaz lacrymogènes et de balles en caoutchouc.
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Cette répression avait été menée par la gendarmerie, une force sur laquelle Richard Ravalomanana exerçait à l’époque une forte influence. Selon l’accusation, il aurait personnellement donné des ordres et des instructions aux forces de l’ordre pendant ces événements.
Une autre accusation portée contre lui, liée à une menace de mort présumée datant de 2019, n’a en revanche pas été retenue par les juges. Les faits ont été considérés comme prescrits.
Un homme longtemps proche du pouvoir déchu
Richard Ravalomanana n’était pas un simple témoin de la crise politique malgache. Il occupait la présidence du Sénat et comptait parmi les personnalités les plus proches de l’ancien président Andry Rajoelina.
Il avait été démis de ses fonctions le 12 octobre 2025, en pleine tourmente politique, une décision ensuite validée par la Haute Cour constitutionnelle. Il perdait au passage son mandat de sénateur.
Après avoir refusé de répondre à une convocation de la gendarmerie, il avait finalement été arrêté à son domicile le 27 décembre 2025. Il était placé en détention préventive depuis le 19 janvier 2026, à la prison d’Imerintsiatosika.

Connu pour porter fièrement un chapeau de cow-boy et ses médailles militaires, Richard Ravalomanana était devenu, pour les jeunes manifestants à l’origine du mouvement, le symbole d’un pouvoir jugé autoritaire.
Une décision saluée, mais déjà contestée
Le verdict a été accueilli avec beaucoup d’émotion par une partie de la population. Sur les réseaux sociaux, de nombreux jeunes ont célébré cette condamnation, allant jusqu’à tourner en dérision l’image de l’ancien président du Sénat.
Mais cette affaire n’est pas terminée pour autant. L’avocat de Richard Ravalomanana, Maître Lazatiana Razafimamonjy, a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Cette condamnation intervient dans un contexte de profonde recomposition politique à Madagascar, depuis l’arrivée au pouvoir du colonel Michaël Randrianirina. Richard Ravalomanana fait partie d’une série de personnalités proches de l’ancien pouvoir Rajoelina désormais poursuivies par la justice malgache, un signe de la volonté des nouvelles autorités de tourner la page de l’ancien régime.


