Le Mali franchit une nouvelle étape dans la gestion de ses ressources minières. Un mécanisme spécifique transforme désormais une partie des revenus du secteur en grands projets d’infrastructures pour le pays.
Une première réunion à Bamako
Le Comité de pilotage du Fonds de réalisation des infrastructures énergétiques, hydrauliques et de transport a tenu sa toute première session. La rencontre s’est déroulée le 31 juillet 2026 à Bamako.
Cette séance était présidée par le ministre d’État, ministre de l’Économie et des Finances, Alousséïni Sanou. Plusieurs membres du gouvernement étaient présents, ainsi que des responsables des structures concernées.
Plus de 109 milliards de francs CFA déjà mobilisés
Les chiffres annoncés lors de cette réunion sont importants. Entre janvier 2025 et juin 2026, le mécanisme a permis de mobiliser 109,142 milliards de francs CFA.
Le détail des montants illustre la progression rapide de ce fonds. L’année 2025 a permis de recouvrer 57,751 milliards de francs CFA. Le seul premier semestre de l’année 2026 a généré 51,391 milliards de francs CFA supplémentaires.
Ce fonds a été créé par l’article 98 du Code minier adopté en 2023. Il est alimenté par les contributions versées par les exploitants miniers et industriels du pays.
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Des projets prioritaires déjà validés
Lors de cette session, plusieurs projets ont été validés par le comité de pilotage. Ces projets concernent notamment le développement des infrastructures ferroviaires, routières et fluviales.
L’acquisition de nouveaux bateaux figure également parmi les priorités retenues. La relance de la compagnie Mali Airlines SA fait aussi partie des chantiers soutenus par ce fonds. Des investissements dans le secteur de l’énergie complètent ce programme.

Un objectif de souveraineté financière
Pour le ministre Alousséïni Sanou, ces résultats confirment une vision portée par les autorités de transition. L’objectif est de bâtir un modèle de financement autonome pour le pays.
Ce modèle doit permettre au Mali de réduire progressivement sa dépendance aux crédits extérieurs pour financer ses infrastructures essentielles. Les ressources issues du sous sol malien doivent ainsi se transformer directement en routes, en barrages et en réseaux électriques.
Des retombées aussi au niveau local
Ce grand fonds national ne constitue pas le seul mécanisme de redistribution des revenus miniers. Un autre dispositif existe au niveau local, le Fonds minier de développement local.
En mars 2026, ce fonds local avait déjà permis de distribuer 18,4 milliards de francs CFA à 819 communes du pays. Ces sommes financent des projets dans les domaines de la santé, de l’éducation, de l’hydraulique et des infrastructures routières.
La moitié de cette enveloppe est destinée aux communes directement situées dans les zones d’exploitation minière. Le reste profite aux autres collectivités des mêmes régions, grâce à un mécanisme de péréquation qui étend les retombées à l’ensemble du territoire national.
Une stratégie économique plus large
Ces mécanismes financiers s’inscrivent dans une réforme plus vaste du secteur minier malien. Depuis 2023, l’État a notamment relevé ses taux de redevance et augmenté sa participation au capital des sociétés minières.
Les autorités maliennes affichent une ambition claire pour les années à venir. Elles souhaitent que les richesses du sous sol profitent directement au développement des infrastructures du pays, plutôt que de dépendre uniquement de financements extérieurs.


