Le Ghana s’apprête à changer une règle importante de sa vie politique. Le gouvernement a annoncé son accord pour allonger le mandat du président. Cette décision intervient après un long travail de révision de la Constitution.
Un mandat plus long pour plus de stabilité
Actuellement, le président du Ghana est élu pour quatre ans. Ce mandat pourra bientôt passer à cinq ans. Le ministre de la Justice, Dominic Ayine, a confirmé cette annonce jeudi. Il a expliqué que quatre ans ne suffisaient pas toujours pour gouverner efficacement. Selon lui, une fois les élections passées et la transition terminée, il ne reste souvent que deux années pleines pour agir.
Cette proposition ne vient pas de nulle part. Elle a été formulée par une commission spéciale. Le président John Dramani Mahama avait mis en place cette commission l’an dernier. Sa mission était simple. Réexaminer la Constitution de 1992 et proposer des améliorations. Le comité était dirigé par le professeur H. Kwasi Prempeh.
Les députés aussi concernés
Le mandat des députés va suivre la même évolution. Leur durée en fonction passera elle aussi de quatre à cinq ans. L’objectif est d’aligner les deux mandats. Ainsi, les élections présidentielles et législatives resteront synchronisées. Le gouvernement veut éviter des calendriers électoraux trop fréquents. Selon lui, ces cycles courts fragilisent la continuité des politiques publiques.
La commission recommandait aussi de garder la limite de deux mandats consécutifs pour le président. Cette règle ne change pas. Un chef d’État ne pourra donc pas rester au pouvoir plus de dix ans au total.
Un âge minimum abaissé
Autre changement notable. L’âge minimum pour se présenter à la présidentielle va baisser. Aujourd’hui, il faut avoir au moins 40 ans. Ce seuil passera à 35 ans. La commission proposait initialement 30 ans. Le gouvernement a choisi un compromis à 35 ans.
Cette baisse ouvre la voie à une nouvelle génération de responsables politiques. Des candidats plus jeunes pourront désormais briguer la plus haute fonction du pays.
Le calendrier électoral aussi ajusté
Le gouvernement a validé un autre point du rapport. Les élections présidentielles se tiendront désormais durant la première semaine de novembre. Cela laissera un délai suffisant avant l’investiture du nouveau président, prévue le 7 janvier. Un temps de transition plus confortable permettra une passation de pouvoir mieux organisée.
Une réforme qui doit encore franchir plusieurs étapes
Ces annonces ne sont pas encore gravées dans le marbre. Le Ghana suit un processus démocratique rigoureux depuis 1992. Toute modification de la Constitution doit passer par le Parlement. Certaines dispositions pourraient même nécessiter un référendum national.
Le pays est souvent cité en exemple pour sa stabilité politique en Afrique de l’Ouest. Depuis l’adoption de sa Constitution actuelle, le Ghana n’a connu aucune rupture démocratique majeure. Ce climat de confiance explique en partie pourquoi cette réforme suscite peu de tensions pour l’instant.

Ce que cela change concrètement
Pour les citoyens ghanéens, ce changement aura des effets à moyen terme. Les prochains mandats présidentiel et parlementaire dureront cinq ans au lieu de quatre. Cette nouvelle durée s’appliquera à partir des élections suivantes, avec une mise en œuvre prévue autour de 2028.
Les défenseurs du texte estiment que les dirigeants auront ainsi plus de temps pour mener leurs projets à terme. Les infrastructures, les réformes économiques et les grands chantiers publics demandent souvent plus de quatre ans pour porter leurs fruits.
Les critiques, eux, restent attentifs. Toute prolongation du pouvoir en place suscite naturellement des questions sur l’équilibre démocratique. Le débat parlementaire à venir permettra sans doute d’éclaircir ces points.
Un pays qui continue d’évoluer
Le Ghana confirme une nouvelle fois sa volonté de faire évoluer ses institutions par le dialogue et la réflexion collective. Cette réforme constitutionnelle, si elle aboutit, marquera un tournant dans l’organisation politique du pays. Les prochains mois seront décisifs pour connaître le sort final de cette proposition.


