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Bénin : Boni Yayi finalement rallié au Sénat

Coup de théâtre dans le paysage politique béninois ! L’ancien président Thomas Boni Yayi a annoncé, ce 22 juillet 2026, sa décision de siéger finalement au Sénat. Un revirement spectaculaire pour celui qui, quelques mois plus tôt, dénonçait avec vigueur la création de cette institution.

Un virage à 180 degrés

En novembre 2025, une révision constitutionnelle avait institué le Sénat comme deuxième chambre du Parlement béninois. À l’époque, Boni Yayi, alors président du parti d’opposition Les Démocrates, dont la candidature à la présidentielle avait été rejetée, avait vivement critiqué cette réforme. Il la jugeait « ni opportune ni légitime ». Il estimait qu’elle portait atteinte aux principes démocratiques et à la séparation des pouvoirs. Il avait alors annoncé qu’il ne siégerait pas au sein de cette institution.

Neuf mois plus tard, changement de ton complet. Dans une déclaration publiée sur sa page Facebook, l’ancien chef de l’État explique que la situation politique a évolué depuis l’adoption de la réforme. Il estime désormais que le Parlement est dominé par une seule sensibilité politique. Il estime aussi que les espaces de concertation se sont réduits. Aujourd’hui , il considère le Sénat comme un cadre de dialogue politique interne susceptible de porter la voix et les attentes du peuple.

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Un mandat justifié par la Constitution

Boni Yayi s’appuie sur l’article 113-3 de la Constitution pour exercer ce droit, en sa qualité de membre de droit du Sénat en tant qu’ancien président de la République. « Je n’en suis pas demandeur, c’est la Constitution », a-t-il tenu à préciser, comme pour se démarquer d’un choix purement personnel et l’inscrire dans une logique institutionnelle.

L’ancien président affirme vouloir œuvrer, au sein de la nouvelle institution, en faveur des droits de l’Homme, des libertés fondamentales, du dialogue et de la démocratie. Il appelle également à la libération des prisonniers et exilés politiques, une revendication récurrente de l’opposition béninoise ces dernières années. Selon plusieurs sources proches de l’ancien chef de l’État, ce ralliement ne serait pas totalement inconditionnel . Il aurait formulé plusieurs attentes auprès du président Romuald Wadagni, portant notamment sur la poursuite de la décrispation de la vie politique et le respect des libertés publiques.

Un ralliement aux côtés d’autres anciens présidents

Ce revirement place Boni Yayi aux côtés des autres anciens chefs d’État appelés à siéger au Sénat en qualité de membres de droit, à savoir Nicéphore Soglo et Patrice Talon. L’installation officielle de la Chambre haute est prévue le 30 juillet 2026 au siège de l’Assemblée nationale, à Porto-Novo, sous la présidence du doyen d’âge Nicéphore Soglo. La présence de Boni Yayi lors de cette cérémonie sera scrutée de près, tant elle marque un tournant dans la posture de celui qui incarnait jusqu’ici l’une des voix les plus critiques envers cette réforme institutionnelle.

Yayi boni, l’ancien président du Bénin / credit photo : google

Au sein même de son propre camp, la décision suscite des réactions contrastées. Si certains responsables du parti Les Démocrates avaient déjà, ces dernières semaines, laissé entendre que l’ancien président finirait par rejoindre l’institution, d’autres voix, notamment sur les réseaux sociaux, dénoncent un reniement des positions défendues quelques mois plus tôt.

Une actualité suivie de très près en ligne

Ce retournement politique alimente déjà de vifs débats sur les réseaux sociaux béninois, entre soutiens saluant un geste d’apaisement et critiques dénonçant une contradiction avec les déclarations passées. Ce type d’actualité politique à forte charge symbolique génère typiquement un engagement important : partages, commentaires et prises de position s’enchaînent rapidement dès qu’une figure politique majeure change de cap.

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