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UEMOA : le Conseil des ministres adopte des mesures clés

Réunis à Dakar le vendredi 2 octobre 2026, les ministres de l’Union économique et monétaire ouest africaine ont adopté plusieurs textes importants. Ils portent sur les marchés publics, la protection sociale et le financement de la Banque ouest africaine de développement.

Une session tenue à Dakar

Le Conseil des ministres de l’UEMOA a tenu sa troisième session ordinaire de l’année 2026 dans la capitale sénégalaise. Les travaux étaient présidés par Aboubakar Nacanabo, ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, qui préside actuellement le Conseil.

Les principales décisions

Cette instance réunit les ministres de l’Économie et des Finances des huit pays de l’Union. Elle prend des décisions qui s’appliquent à tous les États membres. Elle se réunit plusieurs fois par an. La session précédente s’était tenue début juillet à Ouagadougou. Elle avait notamment validé les orientations de politique économique des États pour l’année 2027.

Le premier texte adopté est un projet de directive sur la réglementation communautaire des marchés publics. Il s’agit d’une réforme majeure du cadre juridique de la commande publique dans la région. Les marchés publics sont les contrats par lesquels un État achète des travaux, des biens ou des services, par exemple pour construire une route ou une école. Selon Aboubakar Nacanabo, cette directive doit renforcer la capacité des États à utiliser les crédits d’investissement. Elle doit aussi accélérer les procédures de passation des marchés dans les systèmes nationaux.

Les ministres ont ensuite adopté la stratégie régionale de protection sociale pour la période 2026 à 2035. Le président du Conseil la présente comme un mécanisme majeur de soutien aux États. Elle doit les aider à mettre en place des cadres adaptés pour étendre la protection sociale. Un accent particulier est mis sur l’équité et sur l’accès des groupes sociaux vulnérables.

Un règlement a aussi été adopté pour modifier le statut des greffiers de la Cour de justice de l’UEMOA. Ce texte, qui date de 1996, concerne le bon fonctionnement de cette juridiction. Le Conseil a également examiné et approuvé les comptes de l’Autorité des marchés financiers de l’UMOA pour l’exercice 2025.

Autre point abordé, la participation des banques centrales et des banques commerciales de la zone au système panafricain de paiement et de règlement, appelé PAPSS. Le Conseil a donné son avis sur ce dossier. Cette initiative devrait renforcer les échanges commerciaux et financiers, à l’échelle régionale et sur tout le continent.

Enfin, le Conseil a adopté une décision sur la renonciation aux immunités et privilèges de la BOAD. Cette décision concerne la mobilisation de financements auprès de plusieurs partenaires techniques et financiers. Selon le président du Conseil, elle présente un grand intérêt pour la banque. Elle facilite l’accès à de nouvelles ressources et renforce sa capacité à financer des projets prioritaires dans les États membres.

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Ce que ces décisions changent concrètement

Il faut regarder ces textes au delà de leurs titres techniques.

Pour les marchés publics, l’enjeu est très concret. Quand les procédures sont lentes, des crédits d’investissement peuvent rester inutilisés. C’est ce que recouvre l’expression capacité d’absorption. Des règles plus claires et plus rapides peuvent aider à livrer plus vite des routes, des écoles ou des centres de santé. Elles peuvent aussi améliorer la transparence, ce qui est important pour les entreprises et pour les citoyens.

Pour la protection sociale, la stratégie fixe un cap sur dix ans. Elle ne crée pas à elle seule une couverture pour la population. Chaque État devra adapter ses propres programmes et trouver des moyens pour les financer.

Le dossier du PAPSS vise à faciliter les paiements entre pays africains. Ce système permet de régler les échanges en monnaies locales, ce qui peut réduire le recours aux devises étrangères. Pour les commerçants et les entreprises, cela peut simplifier les transactions. Le Conseil n’a toutefois donné qu’un avis, et la mise en œuvre dépendra de plusieurs acteurs.

Quant à la BOAD, la renonciation à ses immunités et privilèges intervient dans le cadre de ses emprunts. Ce type de geste est souvent demandé par les partenaires financiers, pour qu’ils aient des garanties juridiques claires. Les détails de cette décision n’ont pas été rendus publics.

Reste la question de l’application. Une directive de l’UEMOA doit être reprise dans le droit de chaque pays. Lors d’une session de 2024, le Conseil avait déjà souligné la nécessité d’accélérer cette étape pour les textes communautaires. En juillet dernier, Aboubakar Nacanabo a rappelé que la réussite d’une session se mesure à la capacité à transformer les textes en résultats concrets pour les populations. Les prochains mois diront si ces nouvelles mesures suivront le même chemin.

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