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Gambie : La colère monte dans les rues face aux coupures d’électricité

Excédés par des semaines de coupures interminables, des milliers de Gambiens sont descendus dans les rues pour dire leur ras-le-bol. Le mouvement a fini par prendre une tournure directement politique.

Ces manifestations spontanées ont éclaté dans la nuit du lundi 7 au mardi 8 septembre, dans plusieurs villes du pays, dont la capitale Banjul et son agglomération.

Des mois de délestages qui ont fini par déborder

Depuis le mois de juin, les Gambiens subissent des coupures de courant à répétition, pouvant durer plusieurs jours d’affilée, en pleine saison chaude. Cette situation, déjà source de tensions depuis l’été, a fini par pousser une partie de la population à manifester ouvertement sa colère.

Dans la nuit de lundi à mardi, des habitants ont bloqué plusieurs routes à l’aide de pneus enflammés, de bidons et de détritus, notamment dans les quartiers de Brusubi, Westfield, Busumbala, Wellingara et Farato, en périphérie de Banjul. Des marches aux chandelles ont également été organisées dans la capitale, les manifestants scandant des slogans réclamant le retour du courant.

La colère s’est ensuite muée en contestation plus directement politique. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des manifestants réclamant le départ du président Adama Barrow. Un groupe s’étant approché du quartier de la présidence a été stoppé par les forces de sécurité, tandis qu’un autre rassemblement, dirigé vers le siège de la compagnie nationale d’électricité et d’eau, la Nawec, a été dispersé par la police à l’aide de gaz lacrymogènes.

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La Nawec, cible principale de la colère populaire

La société nationale d’électricité et d’eau, la Nawec, concentre l’essentiel des critiques de la population. Selon l’entreprise, la demande en électricité augmenterait aujourd’hui plus rapidement que les capacités disponibles sur le réseau national.

Ce n’est pas la première fois que la Nawec se retrouve sous le feu des critiques. Dès le mois de juin, plusieurs organisations citoyennes lui avaient déjà adressé un ultimatum, réclamant une amélioration rapide de l’approvisionnement en eau et en électricité dans le pays.

Le député Modou Lamin B. Bah, qui a pris part à la mobilisation, a appelé le gouvernement à prendre des mesures urgentes pour garantir un approvisionnement stable et fiable, rappelant que ces coupures prolongées perturbent aussi bien les ménages que les entreprises et les services essentiels du pays.

Le président Barrow tente de rassurer la population

Face à la montée de la contestation, le président Adama Barrow s’est rendu dès le mardi dans les centrales électriques de Brikama et de Kotu, pour se rendre compte personnellement de la situation. Il a reconnu l’urgence du problème, tout en appelant la population à faire preuve de patience et en mettant en garde contre la poursuite des manifestations dans les rues.

Dans une allocution prononcée le soir même, le chef de l’État a annoncé plusieurs mesures concrètes. Trois nouvelles machines de production seraient déjà en cours d’acheminement vers le pays, tandis qu’un appel d’offres aurait été conclu pour un projet solaire de 50 mégawatts. Le président a également promis une nette amélioration de l’approvisionnement en électricité d’ici la fin du mois d’octobre 2026.

En attendant la concrétisation de ces annonces, la Nawec a indiqué mettre en œuvre un délestage ciblé sur les heures de pointe, principalement entre 20 heures et 4 heures du matin. Une mesure qui ne semble toutefois pas avoir suffi, à ce stade, à apaiser complètement la grogne d’une population à bout de patience après plusieurs mois de coupures à répétition.

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