Un tribunal sud-coréen a condamné ce vendredi 16 janvier, l’ancien président Yoon Suk Yeol à cinq ans de prison pour obstruction à la justice et abus de pouvoir. Il s’agit de la première décision pénale rendue contre l’ex-chef de l’État depuis sa tentative avortée d’imposer la loi martiale à la fin de l’année 2024.
Âgé de 65 ans, Yoon Suk Yeol a écopé d’une peine inférieure aux réquisitions du parquet, qui avait requis dix ans d’emprisonnement. Cette condamnation intervient un peu plus d’un an après son coup de force contre le Parlement, qui avait plongé le pays dans une grave crise politique et conduit à sa destitution.
Dans ce dossier, le tribunal lui reprochait notamment d’avoir écarté certains membres du gouvernement lors d’une réunion clé sur la mise en place de la loi martiale et d’avoir entravé l’action des enquêteurs, retardant son arrestation. Retranché durant plusieurs semaines dans sa résidence présidentielle sous la protection de sa garde rapprochée, il avait finalement été interpellé lors d’une opération musclée.
Lors du verdict, le président du tribunal a estimé que l’ancien chef de l’État avait gravement manqué à son devoir de garant de la Constitution, qualifiant les faits d’« extrêmement graves ».
Yoon Suk Yeol reste toutefois sous la menace de sept autres procédures judiciaires, dont un procès majeur pour insurrection, pour lequel le parquet a requis la peine de mort. Le verdict est attendu le 19 février. L’ancien président dispose de sept jours pour faire appel de cette première condamnation.
Aida Rachel KOUMONDJI (stagiaire)




