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Algérie : le Parlement donne son feu vert à l’envoi de troupes au Niger

C’est une première depuis plus de cinquante ans. Le Parlement algérien vient d’autoriser l’envoi de soldats chez son voisin nigérien.

Un vote unanime pour une décision rare

Dimanche 25 octobre 2026, les deux chambres du Parlement algérien ont dit oui à l’envoi d’un détachement de l’Armée nationale populaire au Niger. Le Sénat a ouvert la voie. Sur les 174 sièges de la chambre haute, 148 sénateurs ont voté pour. L’Assemblée populaire nationale, la chambre basse, a ensuite approuvé le projet à l’unanimité dans l’après-midi.

Pourquoi ce vote compte-t-il autant ? Parce que l’Algérie envoie très rarement ses soldats hors de ses frontières. Le dernier déploiement officiel remonte à la guerre israélo-arabe de 1973, quand des unités algériennes ont soutenu l’Égypte.

La Constitution révisée en 2020 autorise ce type de mission, mais elle pose une condition forte. Selon l’article 91, le président de la République décide de l’envoi, après l’accord des deux tiers des membres de chaque chambre. Ici, la barre a été largement dépassée.

Le vote est arrivé quatre jours après la signature d’un protocole de coopération militaire entre Alger et Niamey. Le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody, était alors en visite en Algérie. Il a rencontré le président Abdelmadjid Tebboune et le chef d’état-major, le général Saïd Chanegriha.

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Pourquoi le Niger, et pourquoi maintenant

Officiellement, la mission est limitée. Le sénateur Belkacem Boulghiti parle d’un simple détachement chargé de protéger les intérêts économiques de l’Algérie au Niger. Selon lui, la décision sert aussi la sécurité des frontières algériennes.

Sur le terrain, ces intérêts sont surtout énergétiques. Des médias algériens expliquent que les soldats doivent surveiller les projets pétroliers de la compagnie publique Sonatrach, dans le nord du Niger. Les deux pays travaillent aussi sur le gazoduc transsaharien. Ce grand projet doit transporter du gaz du Nigeria vers l’Europe, en passant par le Niger puis par l’Algérie.

Le contexte de sécurité pèse lui aussi. Le Niger fait face à des attaques de groupes armés, y compris dans des zones proches de la frontière algérienne. Début octobre, le président Tebboune a rappelé que son pays avait conclu des accords avec Niamey dans le pétrole, les mines et d’autres secteurs. Il a ajouté que certains voulaient tout détruire du jour au lendemain.

Cette décision n’arrive pas par surprise. Fin août, l’Algérie avait déjà envoyé quatre avions de combat à Niamey, à la demande des autorités nigériennes, après une tentative de déstabilisation dans la capitale. Le président Tebboune a confirmé cet envoi début octobre. Un analyste interrogé à l’époque y voyait surtout un message politique, plus qu’un déploiement massif. L’envoi de soldats au sol change l’échelle du geste.

Un virage pour toute la région

Il y a encore dix-huit mois, ce rapprochement paraissait peu probable. En avril 2025, les relations s’étaient dégradées après l’annonce par Alger de la destruction d’un drone malien. Les pays de l’Alliance des États du Sahel avaient alors rappelé leurs ambassadeurs. Le Niger a renvoyé le sien à Alger en février 2026, et l’Algérie a décidé de faire de même à Niamey.

La situation reste délicate pour l’équilibre régional. Les autorités maliennes de transition accusent Alger de s’ingérer dans leurs affaires. Le choix algérien de s’engager militairement au Niger sera donc suivi de près à Bamako, mais aussi dans les capitales voisines.

Du côté de Niamey, ce soutien arrive à un moment sensible. Le pays subit des attaques répétées et a connu en août une tentative de déstabilisation dans sa capitale. Un partenaire de poids à ses côtés est donc bienvenu pour les autorités nigériennes.

Il faut aussi mesurer le changement de ton à Alger. Jusqu’à la réforme de 2020, l’Algérie défendait une ligne de non-intervention militaire à l’étranger. Le vote de dimanche montre que cette ligne a bougé, au moins quand les intérêts économiques et la sécurité des frontières sont en jeu.

Beaucoup de questions restent ouvertes. Les premières informations publiées ne précisent ni le nombre de soldats concernés, ni la date de leur arrivée, ni la durée de la mission. Ces détails seront suivis avec attention dans les prochains jours.

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