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Mali : cinq jours de grève annoncés dans l’enseignement supérieur, à quoi faut-il s’attendre ?

Les enseignants-chercheurs maliens du SNESUP sont en grève depuis le lundi 26 octobre, pour 120 heures. Ils réclament le paiement d’une prime de recherche décidée en 2017 et menacent de renouveler le mouvement.

Une grève de 120 heures déjà très suivie

Le Comité exécutif national du Syndicat national de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, le CEN-SNESUP, a mis son mot d’ordre à exécution le lundi 26 octobre 2026. La grève dure 120 heures, soit cinq jours, jusqu’au vendredi 30 octobre.

Selon Mali 24, elle touche l’ensemble des activités académiques, pédagogiques et administratives dans les universités, les grandes écoles et les structures de recherche. Le syndicat met en garde contre toute tentative de la contourner en faisant appel à des enseignants non permanents.

Dès le premier jour, le syndicat a annoncé un taux de suivi de 98 %. Son secrétaire adjoint, Siaka Koné, parle d’au moins 13 établissements concernés. La grève est suivie à 100 % dans la plupart d’entre eux, à 90 % à la Faculté des sciences appliquées et à 85 % à l’École normale d’ingénieurs Abderhamane Baba Touré. Ces chiffres viennent du syndicat lui-même.

Sur le terrain, Studio Tamani décrit des amphithéâtres presque vides à la faculté de droit public de Bamako. Une étudiante explique que certains travaux dirigés ont lieu, mais que des enseignants ne viennent pas.

Lire aussi : Ebola en RDC : Les soignants menacent d’une « grève sèche », les détails

Pourquoi les enseignants-chercheurs font grève

Le cœur du conflit est la prime de recherche. Le syndicat explique qu’il ne s’agit pas d’une nouvelle revendication, mais de l’application d’une décision prise par les autorités en 2017. Son secrétaire général, Oumar Coulibaly, affirme que cette prime n’est plus payée depuis plus de neuf ans.

Cette prime sert à soutenir le travail de recherche. Le syndicat affirme que tous les pays du CAMES, sauf le Mali, la versent, et que le Mali est le seul pays de l’AES à ne pas le faire. Selon lui, les enseignants financent souvent leurs recherches de leur poche. Ces comparaisons sont celles du syndicat, que nous n’avons pas pu vérifier de façon indépendante.

Pour les enseignants, le dossier traîne depuis longtemps. Une grève avait déjà eu lieu à partir du 27 janvier 2025 pour réclamer cette prime, avec versement des arriérés. Un nouveau préavis a été déposé en avril 2026, puis un autre le 1er octobre 2026. Lors de son congrès de 2025, le syndicat avait même choisi de mettre de côté ses 37 revendications pour ne garder que celle-ci.

Un responsable du syndicat, le Dr Namamoudou Sikidi Keïta, rappelle que des échanges avec le ministère et la présidence de la République laissaient espérer un règlement pendant les vacances universitaires. Une commission ad hoc a même été mise en place. Pourtant, la décision d’octroi n’est toujours pas appliquée. Le syndicat demande que le montant soit fixé, que la prime soit appliquée et que les rappels soient payés.

À quoi faut-il s’attendre ?

Au 27 octobre, selon Siaka Koné, aucune négociation n’était encore envisagée avec les autorités. À notre connaissance, aucune réaction publique du gouvernement n’avait été relevée à ce stade.

Le syndicat a prévenu que cette grève de cinq jours n’est qu’un premier préavis. Elle sera renouvelée aussi souvent que nécessaire tant que le gouvernement restera sourd à cette demande, a déclaré Oumar Coulibaly. Le mot d’ordre du syndicat est clair. Pour lui, sauver cette grève, c’est sauver l’année.

Cette formule inquiète les étudiants. Le syndicat a appelé sa base à se préparer à une éventuelle année blanche, c’est-à-dire une année universitaire qui ne pourrait pas être validée normalement. Pour l’instant, il s’agit d’une menace, pas d’une décision. Les étudiants, eux, craignent surtout de nouveaux retards dans leur cursus.

Pour les étudiants et leurs parents, le plus utile est de se renseigner auprès de leur établissement. Les calendriers de cours et d’examens peuvent bouger si le mouvement est reconduit. La prochaine étape arrive vendredi 30 octobre, à la fin des 120 heures, quand le syndicat dira s’il renouvelle son mot d’ordre.

Le CEN-SNESUP se dit malgré tout attaché au dialogue social, à la paix et à la stabilité du Mali. Il reste ouvert à la discussion, mais il attend des actes concrets. Tout dépendra donc de la réponse des autorités dans les prochains jours.

Ce conflit rappelle un fait simple. Un enseignement supérieur qui fonctionne a besoin d’enseignants qui peuvent chercher dans de bonnes conditions. Au Mali, cette question est désormais posée, avec des étudiants qui attendent de reprendre les cours.

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