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Sierra Leone : Julius Maada Bio renonce à un 3ᵉ mandat et fait une promesse forte

Le président sierra-léonais Julius Maada Bio a écarté toute candidature à la présidentielle de 2028. Le même jour, il a présenté les excuses de l’État aux victimes de la guerre civile.

Une déclaration sans détour

Le lundi 26 octobre 2026, à Freetown, le président Julius Maada Bio a ouvert la Conférence nationale sur l’unité et la cohésion sociale. La rencontre se tenait au centre de conférences Bintumani. Elle était organisée par la Commission indépendante pour la paix et la cohésion nationale.

Devant les délégués, il a promis de terminer son mandat constitutionnel, puis de passer le pouvoir à la personne choisie par les Sierra-Léonais. Il a insisté pour le dire sans réserve. « Je ne serai pas candidat à l’élection présidentielle de 2028 », a-t-il déclaré.

Cette clarté compte. La Constitution limite à deux le nombre de mandats présidentiels. Julius Maada Bio a été élu en 2018 puis réélu en 2023. Son prédécesseur, Ernest Bai Koroma, avait lui aussi dû quitter le pouvoir en 2018, après dix ans.

Jusqu’ici, le chef de l’État restait plus prudent. Il y a un mois, lors d’une interview, il avait dit que la limite des mandats s’imposerait à la fin de son mandat, sans prononcer clairement qu’il ne se représenterait pas, selon Africa Briefing. Plus récemment, lors d’un forum à Harvard, il s’était engagé à remettre le pouvoir « à nouveau, en démocrate ».

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Le mot « à nouveau » semble renvoyer à son parcours. Julius Maada Bio a brièvement dirigé le pays à la tête d’un régime militaire de transition, avant de revenir au pouvoir par les urnes.

Un message adressé à toute la région

Cette promesse prend un poids particulier en Afrique de l’Ouest. Selon le compte rendu publié par Harvard, les manipulations des limites de mandats et les coups d’État y sont devenus plus fréquents. Ils ont fragilisé l’engagement de la CEDEAO en faveur de l’ordre constitutionnel. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont d’ailleurs quitté l’organisation. Julius Maada Bio l’a présidée, et il a décrit ces départs comme une grave perte de confiance.

En Sierra Leone aussi, la stabilité a été mise à l’épreuve. Une tentative de coup d’État a échoué en septembre 2023. Un Accord pour l’unité nationale a ensuite été signé après les élections de cette année-là.

Le président a aussi dû composer avec son propre camp. D’après Harvard, des voix au sein de son parti ont demandé qu’il prolonge son mandat. Sa réponse du 26 octobre vient donc clore un débat qui nourrissait les rumeurs.

Sur place, la scène a été remarquée. Ernest Bai Koroma, qui a gouverné le pays pendant deux mandats, a promis de rester à la disposition de son successeur. Il a assuré qu’il serait à un simple coup de téléphone. Pour lui, le rôle d’un président ne se limite pas à gouverner, il consiste aussi à tenir le pays uni.

Des excuses et des engagements concrets

Le président ne s’est pas arrêté à son avenir politique. Au nom de l’État, il a présenté des excuses aux victimes de la guerre civile, pour les souffrances endurées et pour la protection qui leur a manqué. Ce conflit de onze ans s’est achevé en janvier 2002.

Il a demandé à la Commission nationale pour l’action sociale, la NaCSA, de renforcer le programme de réparations recommandé par la Commission vérité et réconciliation. Un rapport public sur l’application de ces recommandations est attendu pour le 18 janvier 2027, soit 25 ans après la fin de la guerre.

Un cadre d’action pour la paix et la cohésion doit aussi être publié sous 90 jours, avec des échéances et des indicateurs de suivi. Le budget 2027 doit prévoir une première enveloppe de 25 millions de leones pour un fonds de soutien à la paix. D’autres mesures sont annoncées, comme un meilleur soutien psychologique pour les survivants, un code de conduite pour des élections pacifiques, une semaine nationale de la paix, un mémorial national et des cours d’éducation civique et de paix à l’école.

La conférence s’est poursuivie le 27 octobre et s’est conclue par l’adoption de la Déclaration de Freetown. Le haut-commissaire adjoint britannique, Mehdi Hussain, a mis en garde contre les discours incendiaires. Il a aussi appelé à protéger la liberté de la presse.

Reste l’essentiel. Les observateurs rappellent que la force de ces promesses dépendra de leur mise en œuvre, surtout pour les réparations. Un engagement oral est une première étape. Les Sierra-Léonais attendent désormais les actes, et le rapport de janvier 2027 sera le premier test.

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