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RDC : l’épidémie d’Ebola franchit un cap lourd de conséquences

L’épidémie d’Ebola a fait plus de 4 000 morts en République démocratique du Congo. Elle devient la plus meurtrière de toute l’histoire du pays.

Un bilan qui s’alourdit

Les autorités congolaises ont annoncé le vendredi 2 octobre un nouveau bilan. Il fait état de 8 300 cas, dont 4 018 décès et 2 162 guérisons. Le taux de létalité atteint 48,4 %. Autrement dit, près d’une personne malade sur deux n’a pas survécu.

C’est la 17e épidémie d’Ebola que connaît la RDC. Elle a été déclarée le 15 mai 2026. Elle dépasse désormais celle de 2018 à 2020, qui était jusque-là la plus grave du pays. En moins de cinq mois, le virus a donc fait plus de 4 000 victimes.

Partie de l’Ituri, la maladie a gagné six autres provinces. Il s’agit du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Bas-Uélé, du Haut-Uélé, de la Tshopo et du Sud-Ubangi. Fin septembre, 63 zones de santé étaient touchées.

Un chiffre inquiète particulièrement les spécialistes. Plus de 68 % des décès ont eu lieu dans la communauté, c’est-à-dire à la maison ou hors des centres de santé. Or un corps contaminé reste très dangereux pour l’entourage. Les cérémonies d’adieu peuvent ainsi devenir des occasions de transmission.

Pourquoi la riposte est si difficile

La première difficulté tient au virus lui-même. Cette épidémie est causée par le virus Bundibugyo. Il appartient à la famille Ebola, mais il n’est pas celui que l’on combat le plus souvent. Les vaccins utilisés lors des crises précédentes visent surtout une autre espèce, le virus Zaïre.

Lire aussi : Ebola : nouveau décès enregistré en RDC

La RDC a bien reçu 70 000 doses du vaccin Ervebo. Mais l’Organisation mondiale de la santé a prévenu qu’on ignore s’il protège contre le Bundibugyo. Début août, l’OMS indiquait qu’il n’existait ni vaccin ni traitement homologué pour cette souche. Plusieurs candidats vaccins sont en cours de développement, notamment à Oxford et chez Moderna. Ils n’en sont qu’à leurs premiers essais.

Le deuxième obstacle est la sécurité. L’est du pays vit depuis des années sous la menace de groupes armés. Cela complique l’accès aux malades et le travail des équipes médicales. Vendredi, le groupe rebelle M23 a annoncé six cas dont quatre décès dans les zones qu’il contrôle au Nord-Kivu. Ces zones échappent à l’autorité de Kinshasa, ce qui rend la coordination encore plus délicate.

Le troisième obstacle est humain. Selon plusieurs médias, une partie de la population se méfie de la riposte sanitaire. Quand la confiance manque, les malades se cachent. Les contacts ne sont plus suivis. Le virus avance alors sans bruit.

Les soignants paient aussi un lourd tribut. À l’époque où le bilan atteignait 2 325 morts, plus de 160 agents de santé avaient déjà été infectés. Quarante d’entre eux en étaient morts.

Ce que ce cap change

Passer le cap des 4 000 morts n’est pas qu’un symbole. Cela veut dire que la crise s’installe dans la durée. L’OMS avait noté des signes encourageants à la mi-septembre. Mais le patron du centre de santé de l’Union africaine a estimé que l’épidémie n’était toujours pas maîtrisée.

Pour mesurer l’écart, il suffit de regarder en arrière. En 2025, la RDC avait fait face à une autre flambée, à Bulape, dans la province du Kasaï. Elle avait compté 64 cas. Le dernier patient était sorti guéri six semaines seulement après la déclaration de l’épidémie. Plus de 35 000 personnes avaient été vaccinées. La différence tenait à un point clé, un vaccin existait pour cette souche. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas.

Ce virus n’est pourtant pas inconnu. Il avait déjà touché la RDC en 2012, à Isiro, dans le Haut-Uélé. L’épidémie d’aujourd’hui est autrement plus vaste.

Les conséquences dépassent la santé. Les déplacements de population, la fermeture de marchés, la peur dans les écoles et les centres de santé fragilisent des régions déjà éprouvées par la guerre. Des cas ont aussi été signalés en Ouganda, ce qui pousse les pays voisins à rester vigilants.

Que peut faire chacun ?

Les experts rappellent les gestes simples. Il faut éviter tout contact avec les liquides corporels d’une personne malade. Il ne faut pas toucher le corps d’un défunt suspect. Il faut signaler rapidement tout cas suspect au centre de santé le plus proche.

La suite dépendra de trois choses. L’arrivée d’un vaccin adapté, un accès sécurisé aux zones touchées et la confiance des habitants. Sans ces trois piliers, le cap des 4 000 morts pourrait n’être qu’une étape.

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