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Ouganda : Du petit écran au trône, Edward Rukidi devient roi du Tooro

Un présentateur de journal télévisé s’apprête à devenir roi. Un destin peu commun qui vient de bouleverser la succession du royaume traditionnel du Tooro, dans l’ouest de l’Ouganda.

Le clan royal Babiito a officiellement désigné, ce mercredi 9 septembre à Fort Portal, le prince Edward Rukidi Kijanangoma comme nouveau souverain, quelques jours après la mort du précédent roi.

La disparition d’un roi devenu adulte sous les projecteurs

Cette succession fait suite au décès d’Oyo Nyimba Kabamba Iguru Rukidi IV, survenu le 27 août dernier aux États-Unis, des suites d’un cancer. Il n’avait que 34 ans.

Le destin de ce souverain avait, lui aussi, marqué les esprits bien au delà des frontières de l’Ouganda. Monté sur le trône à l’âge de seulement trois ans, après la mort de son père, il avait longtemps été reconnu par le livre Guinness des records comme le plus jeune roi du monde. Resté célibataire jusqu’à sa disparition, il laisse derrière lui un royaume en deuil, ses funérailles étant attendues ce samedi dans une ville reculée, proche de la frontière avec la République démocratique du Congo, où plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendues.

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Un choix qui n’allait pas de soi

La désignation d’Edward Rukidi Kijanangoma n’était pourtant pas écrite d’avance. Un comité de succession de 21 membres avait d’abord recommandé un autre prétendant au trône, le prince George Desmond Kamurasi, âgé de 36 ans. Mais selon plusieurs médias ougandais, ce dernier aurait finalement décliné cette proposition, ouvrant ainsi la voie à un nouveau processus de sélection.

Le comité s’est alors tourné vers une autre branche de la dynastie Babiito, celle des Kijanangoma, pour y désigner son nouveau candidat. Sur les 21 membres du comité, 19 ont finalement voté en faveur d’Edward Rukidi Kijanangoma, selon la résolution lue par Mgr Isaiah Mayombo au nom du clan royal.

Ce choix reste toutefois loin de faire l’unanimité, en particulier au sein de l’entourage proche du défunt souverain, certaines sources évoquant des tensions persistantes autour de cette désignation.

D’un plateau télé à un palais royal

Avant cette annonce, Edward Rukidi Kijanangoma occupait un poste bien éloigné des palais royaux, celui de présentateur et rédacteur en chef à l’Uganda Broadcasting Corporation, la chaîne de télévision publique du pays.

Fils du défunt prince Christopher Paul Kijanangoma et petit-fils de l’ancien roi George David Rukidi III, il s’inscrit pleinement dans la lignée dynastique des Babiito. Il est également le cousin du roi Oyo, qu’il est désormais appelé à remplacer.

Cette famille royale a déjà connu son lot de tragédies. Le frère d’Edward Rukidi, le prince Charles Happy Kijanangoma, avait été assassiné à Fort Portal en 1999, un meurtre qui avait conduit à la condamnation à perpétuité de l’ancien premier ministre du Tooro, John Sanyu Katuramu.

Un royaume symbolique, mais une influence bien réelle

Le royaume du Tooro fait partie des cinq monarchies traditionnelles reconnues par l’État ougandais, aux côtés notamment du Buganda. Ces royaumes ne disposent d’aucun pouvoir exécutif au sein de la République d’Ouganda, mais conservent une influence culturelle et sociale considérable auprès de leurs sujets.

Pour l’heure, Edward Rukidi Kijanangoma reste roi désigné. Il doit encore se soumettre à une série de rites traditionnels de préparation avant son intronisation officielle en tant que nouvel Omukama du Tooro, une cérémonie qui pourrait intervenir dès cette semaine, selon plusieurs médias locaux.

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