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FMI contre politique nationale ? Le nouveau bras de fer qui agite le Sénégal

Un accord censé rassurer les marchés se transforme en terrain de confrontation politique. Le récent partenariat entre le Sénégal et le Fonds monétaire international s’est retrouvé au centre des débats à l’Assemblée nationale.

Cette confrontation a éclaté ce mardi 8 septembre, lors de la déclaration de politique générale du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, une semaine seulement après la conclusion d’un accord de 2,2 milliards de dollars avec l’institution de Bretton Woods.

Un accord obtenu au prix d’une concession majeure

Le 1er septembre dernier, après plus de deux années de négociations difficiles, le Sénégal a finalement obtenu un accord de principe avec le FMI. Ce nouveau programme, d’une durée de 36 mois, porte sur environ 2,2 milliards de dollars, soit près de 1 252 milliards de francs CFA.

Cet accord n’est toutefois pas sans contrepartie. Dakar a dû accepter de restructurer sa dette extérieure, dans le cadre du mécanisme commun renforcé du G20, rejoignant ainsi d’autres pays africains déjà passés par ce dispositif, comme le Ghana, la Zambie ou le Tchad. Cette négociation intervient deux ans après la révélation d’une dette cachée de plusieurs milliards de dollars, accumulée sous le précédent gouvernement, un scandale qui avait durablement fragilisé la crédibilité financière du pays.

Devant les députés, le Premier ministre a défendu ce partenariat comme une étape indispensable pour redresser les finances publiques. Il a détaillé une nouvelle stratégie économique articulée autour de plusieurs axes, la sélection de projets à fort impact, une discipline budgétaire renforcée, une hausse des recettes de l’État, ainsi qu’une gestion plus rigoureuse de la dette.

Une opposition emmenée par un ancien allié devenu rival

Ce plaidoyer gouvernemental s’est heurté à de vives critiques au sein de l’hémicycle. La principale contestation est venue d’Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, après sa rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye en mai dernier.

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Longtemps réservé, lorsqu’il occupait lui même le poste de Premier ministre, sur l’idée même d’une restructuration de la dette, Ousmane Sonko a réclamé une transparence absolue sur les contreparties négociées avec le FMI. Il exige notamment la publication du mémorandum d’accord, ou à défaut sa transmission complète aux parlementaires.

Ce bras de fer illustre une réalité plus large que la seule question économique, celle de la cohésion fragile de l’exécutif sénégalais, désormais confronté à un Parlement présidé par un ancien allié devenu l’un de ses principaux rivaux politiques.

Des tensions qui dépassent la seule question économique

Au delà du dossier du FMI, le Premier ministre a également abordé des sujets de société sensibles. Il a condamné la montée des discours xénophobes dans le pays, appelant au respect des étrangers résidant au Sénégal, tout en rappelant leur obligation de se conformer aux lois nationales. Il a par ailleurs réaffirmé la position inchangée du gouvernement contre toute légalisation de l’homosexualité.

Sur le terrain, l’inquiétude reste avant tout économique. De nombreux Sénégalais s’interrogent ouvertement sur l’utilisation réelle des fonds obtenus auprès du FMI, se demandant si cet argent servira véritablement à financer des investissements structurants, ou s’il sera essentiellement absorbé par le remboursement de la dette existante.

Ce nouveau bras de fer autour du FMI s’ajoute à d’autres tensions institutionnelles déjà en cours, notamment autour de l’encadrement des crédits spéciaux de l’État, un dossier sur lequel l’Assemblée nationale prépare une proposition de loi organique, à laquelle le gouvernement oppose pour l’instant sa préférence pour un simple encadrement réglementaire. Autant de fronts ouverts qui placent l’exécutif sénégalais sous une pression croissante, entre exigences des bailleurs internationaux et attentes sociales pressantes de la population.

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