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Sénégal : Dette et vie chère au cœur des attentes autour d’Ahmadou Al Aminou Lô

Un exercice institutionnel, mais surtout un véritable test de crédibilité. Le Premier ministre sénégalais s’est présenté ce mardi 8 septembre devant une Assemblée nationale où sa majorité n’est pas acquise.

Nommé le 25 mai dernier, Ahmadou Al Aminou Lô a livré sa déclaration de politique générale, la feuille de route très attendue de son gouvernement face à une situation économique et sociale particulièrement tendue.

Une dette publique qui pèse lourdement sur le pays

Le chef du gouvernement sénégalais n’a pas caché la gravité de la situation économique du pays. Il a rappelé que l’endettement du Sénégal reste aujourd’hui très élevé, tout en soulignant un chiffre préoccupant, celui d’une croissance hors hydrocarbures limitée à 2,2 % en 2025.

Selon lui, ce niveau de croissance, comparé à un taux de natalité national estimé à 3 %, entraîne mécaniquement un appauvrissement progressif de la population. Le Premier ministre a été particulièrement direct sur ce point, reconnaissant que le pays s’était appauvri en 2025 et que cette tendance devrait malheureusement se poursuivre en 2026, faute de moyens suffisants pour répondre aux ambitions affichées par l’État.

Ahmadou Al Aminou Lô devait également revenir en détail sur l’accord conclu avec le Fonds monétaire international, un programme portant sur 1 243 milliards de francs CFA, mais qui suscite déjà une vive polémique autour des modalités de restructuration de la dette sénégalaise. Le dossier reste d’autant plus sensible que la dette publique du pays est aujourd’hui estimée à 132 % du produit intérieur brut.

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La vie chère, principale préoccupation des Sénégalais

Au delà des grands équilibres macroéconomiques, c’est bien la question du pouvoir d’achat qui occupe une place centrale dans les attentes de la population. Le week-end précédant cette déclaration, plusieurs centaines de personnes avaient manifesté à Dakar contre la hausse des prix, un mouvement de contestation qui s’est également poursuivi sur les réseaux sociaux.

Face à cette pression sociale grandissante, le Premier ministre était attendu sur des mesures concrètes destinées à limiter l’impact de l’inflation sur les ménages sénégalais. Les récents délestages électriques enregistrés dans le pays figuraient également parmi les sujets sensibles que le gouvernement devait impérativement aborder, tant leurs conséquences pèsent directement sur le quotidien des populations comme sur l’activité économique.

Un exercice parlementaire sous haute tension politique

Cette déclaration de politique générale intervient dans un climat politique particulièrement délicat pour l’exécutif sénégalais. L’hémicycle reste aujourd’hui largement dominé par le Pastef, le parti d’Ousmane Sonko, qui se montre critique envers plusieurs choix économiques du gouvernement actuel.

Cette configuration expose Ahmadou Al Aminou Lô à un risque politique réel, notamment en cas de vote de confiance à l’issue des débats parlementaires. Le contexte est d’autant plus particulier que son prédécesseur direct à la primature n’est autre qu’Ousmane Sonko lui même, limogé fin mai dernier après une dégradation de ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye, sur fond de tensions liées à la gestion de la dette du pays.

Pour Ahmadou Al Aminou Lô, économiste de formation et ancien secrétaire général de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, l’enjeu de cette déclaration était donc double, affirmer son leadership face à un Parlement fragmenté, tout en apportant des réponses suffisamment concrètes à une population qui, après les manifestations du week-end, attend désormais des actes plus que des discours.

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