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RDC : Le refus qui change tout, l’opposition claque la porte à Tshisekedi

En République démocratique du Congo, la tension monte d’un cran. La principale coalition de l’opposition vient de rejeter le dialogue national proposé par le président Félix Tshisekedi.

Cette annonce a été faite dans un communiqué publié vendredi 28 août à Kinshasa. Elle intervient au lendemain même du discours dans lequel le chef de l’État avait présenté son projet.

Un dialogue jugé « sous tutelle »

Tout part de l’annonce présidentielle du jeudi 27 août. Ce jour là, Félix Tshisekedi a proposé un dialogue national inclusif, en précisant que le processus partirait des provinces avant d’aboutir à Kinshasa.

Mais pour la Coalition Article 64, appelée C64, cette initiative ne convient pas. Ce regroupement rassemble plusieurs figures connues de l’opposition congolaise, dont Martin Fayulu, Moïse Katumbi et Delly Sesanga.

Joseph Edeba, l’un des responsables de la coalition, a qualifié cette annonce de simple « consultation sous tutelle ». Selon lui, annoncer un dialogue ne veut pas dire le convoquer réellement. Il réclame un cadre juridique clair, avec des règles précises et une feuille de route acceptée par tous.

Lire aussi : Présidentielle en RDC : Félix Tshisekedi, investi candidat

La C64 va plus loin dans son analyse. Elle accuse le pouvoir de vouloir se servir de ce dialogue pour préparer un changement de Constitution. L’objectif final serait de permettre à Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat, alors que son mandat actuel doit s’achever dans un peu plus de deux ans.

La marche du 15 septembre maintenue

Face à ce refus, l’opposition ne se contente pas de critiquer. Elle passe à l’action.

La C64 confirme l’organisation d’une grande marche nationale, prévue le 15 septembre 2026. Cette date correspond au jour de la rentrée parlementaire en RDC. Le choix n’est pas anodin.

À Kinshasa, les manifestants comptent converger vers le Palais du Peuple, siège du Parlement. Leur message est clair. Ils veulent dire non à tout changement de Constitution et à tout recours à un référendum sur ce sujet.

Delly Sesanga, l’un des leaders de la coalition, a déjà annoncé qu’il ne prendrait pas part à ce qu’il appelle un « dialogue corseté ». Il reproche au président de vouloir piloter lui-même un processus dont il est pourtant l’une des parties concernées.

L’opposition regrette aussi l’absence d’un médiateur neutre dans ce processus. Les Églises catholique et protestante, représentées par la Cenco et l’ECC, avaient pourtant joué un rôle de médiation par le passé. Elles semblent aujourd’hui écartées, au profit d’un comité de pilotage directement rattaché à la présidence.

Un climat politique sous tension

Ce nouvel épisode s’inscrit dans un contexte de méfiance grandissante entre le pouvoir et l’opposition congolaise.

La C64 avait déjà accepté de reporter une précédente marche, prévue en juillet dernier, après l’intervention des confessions religieuses. Ce report avait été présenté comme un geste de bonne volonté, dans l’attente d’une réponse concrète du président.

Mais pour la coalition, cette réponse n’a pas été jugée suffisante. D’où la reprise de la mobilisation annoncée pour la mi-septembre.

Du côté du pouvoir, certains regroupements parlementaires, comme l’UNC et l’AVK 2018, ont au contraire affiché leur soutien au dialogue national. Cette divergence illustre une classe politique congolaise profondément divisée sur la marche à suivre.

Pour l’instant, aucune ordonnance présidentielle n’a encore fixé les modalités précises de ce dialogue. Le flou qui entoure ce processus alimente les inquiétudes de l’opposition, qui y voit un risque supplémentaire pour la stabilité du pays. Les prochaines semaines, jusqu’à la marche annoncée du 15 septembre, s’annoncent donc décisives pour l’avenir politique de la RDC.

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