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Élections au Sénégal : Le parti de Sonko réclame le maintien du calendrier prévu

Au Sénégal, la pression monte autour des prochaines élections locales. Le Pastef, parti dirigé par Ousmane Sonko, demande au gouvernement de respecter le calendrier électoral prévu par la loi.

Ce parti, majoritaire à l’Assemblée nationale, réclame que le scrutin se tienne au plus tard le dimanche 17 janvier 2027.

Un argument juridique précis

Dans un communiqué, le Pastef s’appuie sur un raisonnement clair. Les maires et les conseillers départementaux actuellement en poste ont été élus le 23 janvier 2022, pour un mandat de cinq ans.

Selon le code électoral sénégalais, le scrutin de renouvellement doit obligatoirement intervenir avant la fin de ce mandat. Cette règle place donc la date limite au 17 janvier 2027.

Pour l’instant, aucun décret présidentiel n’a été publié à ce sujet. Ni la date exacte du scrutin, ni le montant de la caution exigée des candidats n’ont été fixés par le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

Lire aussi : Sénégal : pourquoi El Malick Ndiaye a quitté son poste ?

Un contexte de tensions au sommet du pouvoir

Cette demande du Pastef ne relève pas seulement d’une question technique. Elle s’inscrit dans un climat politique plus large, marqué par des tensions entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko.

Depuis plusieurs mois, des divergences séparent les deux hommes, pourtant issus du même parti. Certains observateurs évoquent même un véritable divorce politique entre le chef de l’État et le leader du Pastef.

Dans ce contexte, les élections locales prennent une importance particulière pour Ousmane Sonko et son parti. Elles représentent le premier vrai test électoral depuis l’arrivée au pouvoir du duo, en 2024. Le Pastef considère ce scrutin comme une occasion de démontrer sa force politique, indépendamment de la présidence.

C’est dans cet esprit qu’Ousmane Sonko a haussé le ton ces dernières semaines. Lors d’un déplacement à Louga, il a directement interpellé le président Faye sur ce sujet. Il a exigé la publication rapide d’un décret fixant officiellement la date du scrutin.

La crainte d’un report du scrutin

Le doute s’est installé ces derniers jours sur les intentions réelles du gouvernement. Certains craignent que le chef de l’État ne cherche à repousser cette élection locale, que le Pastef est pourtant en position de remporter.

Ousmane Sonko a d’ailleurs insisté sur la nécessité d’un cadre légal clair. Selon lui, c’est au président de la République de prendre ses responsabilités et de signer le décret nécessaire, de la même façon qu’il doit le faire pour fixer la date de tout autre scrutin.

Disposant de la majorité à l’Assemblée nationale, le Pastef ne peut pas se permettre de perdre ce rendez-vous électoral sur un simple vice de procédure. Des observateurs locaux estiment que le gouvernement a tout intérêt à clarifier rapidement sa position, afin d’éviter d’alimenter un climat de suspicion.

De leur côté, les partis d’opposition suivent aussi la situation de près. Ils restent attentifs à toute faiblesse de l’exécutif, prêts à dénoncer une éventuelle tentative de retarder le débat démocratique. Pour l’heure, tous les regards sont tournés vers la présidence, dans l’attente d’un décret qui doit officiellement lancer le processus électoral.

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